La Gaceta De Mexico - Accusé d'avoir utilisé l'IA, l'écrivain phare de la rentrée Thélyson Orélien se défend

Accusé d'avoir utilisé l'IA, l'écrivain phare de la rentrée Thélyson Orélien se défend
Accusé d'avoir utilisé l'IA, l'écrivain phare de la rentrée Thélyson Orélien se défend / Photo: © AFP/Archives

Accusé d'avoir utilisé l'IA, l'écrivain phare de la rentrée Thélyson Orélien se défend

L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, l'une des révélations de la rentrée littéraire, a rejeté mardi les accusations d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman "C'était ça ou mourir", portées par un compte X anonyme et devenues virales.

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"J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine", a réagi l'auteur auprès de Libération. Il a indiqué être "en train de constituer un dossier" avec ses éditeurs "pour prouver" qu'il a écrit l'ouvrage de sa main.

L'auteur de 38 ans est la cible d'attaques après des accusations lancées lundi par le compte anonyme "Balance ton Claude", jusqu'alors confidentiel avec 92 abonnés, qui a affirmé que le roman avait été "presque intégralement" écrit par intelligence artificielle. Il indique avoir utilisé pour l'analyse d'extraits le logiciel américain de détection Pangram.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier l'identité derrière ce compte.

Le post a ensuite été repartagé plus de 1.000 fois et a accumulé plus de 3 millions de vues.

"Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes. Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes", a poursuivi l'auteur, publié en France chez Grasset.

- "Avec les tripes" -

Dans un communiqué adressé à l'AFP, la maison d'édition s'est élevée "fermement contre tout propos malveillant affirmant de façon péremptoire que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA, qui blessent affreusement l'écrivain au parcours exceptionnel".

Boréal, maison d'édition à l'origine de la publication du roman au printemps au Canada, a indiqué à l'AFP avoir "pris connaissance des allégations" et ne pas les "prendre à la légère", disant toutefois sa "confiance envers le travail de Thélyson Orélien".

"C'était ça ou mourir" est l'un des succès de la rentrée littéraire de Grasset, qui a été préparée par le PDG Olivier Nora avant qu'il ne soit limogé en avril par la direction d'Hachette, le premier éditeur français, dans l'orbite du milliardaire Vincent Bolloré.

Thélyson Orélien a publiquement apporté son soutien à Olivier Nora.

"Je n'ai pas écrit ce roman avec ma tête mais avec mes tripes et mon cœur", témoignait récemment l'auteur à l'AFP, en indiquant s'être entretenu avec de nombreux Haïtiens ayant vécu l'exil.

Il y raconte à la première personne l'histoire de Jonas Dorléon, un professeur d'histoire-géographie qui fuit son pays englué dans la violence des gangs. Commence alors un périple périlleux à travers douze pays jusqu'au Canada.

Les accusations de "Balance ton Claude" ont été portées lundi, le jour où il a reçu le prix Fnac du meilleur roman.

Le livre figure également dans les sélections des principaux prix littéraires, dont le Goncourt, le Médicis et le Fémina.

- Résultats divergents -

L'AFP a passé les extraits choisis par le compte X dans d'autres détecteurs, obtenant des résultats différents.

Avec l'outil de vérification InVID-WeVerify, cocréé par l'AFP, l'évaluation indique que ces passages ont été "très probablement écrits par un humain".

Les conclusions de sept autres détecteurs (winston AI, detecting-ai.com, app.its-ai.org, detectgpt.com, isgen.ai, copyleaks.com, ghostbuster.app), également testés par l'AFP, sont divergentes.

L'un d'eux arrive à la conclusion qu'il y a 100% de probabilité que ces passages soient l'œuvre d'une IA (app.its-ai.org/) et deux autres à la conclusion inverse (detectgpt.com, isgen.ai).

Deux autres détecteurs affichent des probabilités d'écriture par IA variant entre 7 et 59% (detecting-ai.com et ghostbuster.app). Les deux derniers (Winston AI et copyleaks.com) concluent à 53% et 100% de chance que l'un des passages ait été généré par IA et à 0% pour l'autre.

Pour Denis Teyssou, responsable du "Medialab" (projets d'innovation) de l'AFP, "la détection de textes est beaucoup plus aléatoire" que celle des images.

Car si les générateurs d'images laissent des traces ou utilisent du watermarking (tatouage numérique en français), "un texte, c'est juste des mots et de la ponctuation. Il n'y a pas de traitement du signal dans le texte, il y a juste une distribution statistique de mots" utilisée pour détecter une probabilité de trace d'IA, a-t-il ajouté.

Pangram ne devrait "jamais être l'arbitre final" mais plutôt un point de départ pour une enquête plus approfondie, avait souligné le PDG et cofondateur de cet outil, Max Spero, auprès du média américain The Atlantic dans un article paru en mai.

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S.Moreno--LGdM