La Bourse de Paris en recul face à la hausse du pétrole, les taux d'intérêt continuent de grimper
La Bourse de Paris évolue dans le rouge mardi, freinée par la hausse continue des prix du pétrole et des taux d'intérêt des dettes souveraines, avant la très attendue réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Vers 10H00 (heure de Paris) le CAC 40 perdait 0,97%, en recul de 78,71 points, à 8.039,07 points. La veille, l'indice parisien avait cédé 0,76%.
Les marchés sont "pénalisés par la remontée du pétrole et des taux longs", résume John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.
Les prix du brut continuent leur course en avant, après une attaque des Houthis contre l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 1,97% à 107,76 dollars.
Les Houthis ont infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique pour les navires reliant l'Europe à l'Asie.
Des infrastructures pétrolières de l'Arabie saoudite ont également été visées et par précaution un oléoduc stratégique, principale alternative au détroit d'Ormuz, a été fermé.
La flambée des cours de pétrole alimente de nouvelles craintes inflationnistes qui provoquent à leur tour une hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines dans les grandes économies, ces derniers atteignant des sommets.
En France, le rendement de la dette à dix ans atteint mardi 4,53%, contre 4,47% la veille en clôture, un niveau inédit depuis 2008. Son équivalent allemand, référence en Europe, se hisse à 3,56%, contre 3,51% lundi soir, au plus haut depuis 2009.
Le "spread", l'écart entre les deux, se creuse à 0,97 point de pourcentage, contre 0,85 au début du mois de septembre, signe que la défiance envers la dette hexagonale s'accroît, avant un débat budgétaire qui s'annonce tendu pour 2027 et à quelques mois de l'élection présidentielle.
Le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans a atteint mardi matin les 5,03%, un niveau inédit depuis juillet 2007 et le début de la crise des subprimes.
Les marchés attendent la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui débute ce mardi. Ils anticipent dans leur majorité une hausse des taux, qui serait la première depuis juillet 2023.
- La tech continue de reculer -
Les marchés ont été bousculés lundi par la multiplication des appels à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA) venant d'une partie des dirigeants du secteur.
Les entreprises profitant des investissements massifs des géants de la tech dans cette technologie ont nettement reculé lundi, à l'instar des groupes de semi-conducteurs ou des fournisseurs d'infrastructures électriques.
Mardi, le recul se poursuit, dans une moindre mesure.
Vers 10H10, STMicroelectronics reculait de 0,80% à 41,37 euros et Soitec de 1,26% à 121,65 euros.
Schneider Electric et Legrand, qui fournissent des infrastructures électriques aux centres de données pour l'IA, cédaient respectivement 0,37% à 271,15 euros et 0,11% à 132,20 euros.
S.Moreno--LGdM