La Gaceta De Mexico - Miami, porte d'entrée hispanique pour le padel aux Etats-Unis

Miami, porte d'entrée hispanique pour le padel aux Etats-Unis
Miami, porte d'entrée hispanique pour le padel aux Etats-Unis / Photo: © AFP

Miami, porte d'entrée hispanique pour le padel aux Etats-Unis

Très développé en Amérique latine, le padel espère se débarrasser de son image élitiste pour se diffuser aux Etats-Unis, à partir de Miami, où la pratique bourgeonne.

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Sport de raquette à la croisée entre le tennis et le squash, le padel se dispute en double sur un court entouré de parois vitrées.

"C'est le sport du futur", veut croire l'Argentin Fernando Belasteguin, considéré comme le plus grand joueur de l'histoire, interrogé par l'AFP.

"C'est facile à apprendre, amusant et social", ajoute-t-il.

"Les États-Unis sont un marché nouveau, mais pour le padel, la seule chose qui manque, c'est du temps. Quand un pays découvre la pratique, elle finit toujours par s'y développer".

Depuis qu'il a raccroché sa raquette en 2024, Belasteguin dirige le tournoi professionnel Miami Premier Padel, avec une dotation de près de 480.000 dollars.

Sa deuxième édition s'est conclue dimanche par un nouveau succès de la paire composée de l'Argentin Federico Chingotto et de l'Espagnol Alejandro Galan.

Ces deux pays se partagent 90% des joueurs du top 50 mondial, femmes et hommes, une suprématie qui freine pour l'instant les ambitions du padel d'entrer au programme olympique en 2036.

À Miami, unique étape américaine du circuit mondial Premier Padel, sponsorisé par le Qatar, plus de 5.000 supporters sont venus assister à la phase finale de l'événement.

- Rival du pickleball -

Dans la cité floridienne, la communauté latino-américaine, déjà familière de cette discipline aux racines hispaniques, l'a adoptée pendant la pandémie et, désormais, ses courts se multiplient dans les clubs, les parcs publics et les hôtels de luxe. Quelques entrepreneurs se sont lancés pour répondre à la demande des amateurs.

La Floride concentre 40% des courts existants aux Etats-Unis, où la discipline, avec 770 terrains au total, reste toutefois mineure, par rapport à l'Argentine (7.000 courts) ou au Mexique (2.500).

Les Etats-Unis ont plutôt adopté le pickleball, plus populaire et plus accessible avec ses petits terrains sans parois.

"Le padel naît (à la fin des années 1960) au Mexique et s'exporte en Argentine et en Espagne. Et Miami est par définition un hub latino-américain", rappelle Sergio Montaner, propriétaire du Wynwood Padel Club, en plein centre-ville de "Vice City".

"Entre 2018 et 2021, 90% de nos clients étaient latino-américains ou européens, mais cela change de plus en plus", observe-t-il.

- "Convivial" -

À quelques rues de là, toujours dans le quartier moderne et en plein essor de Wynwood, un groupe de passionnés dispute son tournoi dominical au club Real Padel, l'un des plus anciens de la ville.

"J'aime le padel parce que c'est un sport plus convivial que le tennis", estime Danny O'Neill, avocat de 34 ans, qui apprécie aussi de pouvoir y épaissir son réseau, comme il le ferait sur un parcours de golf.

Pour Montaner, la pérennité de cet essor des clubs dépendra de leur "capacité à créer une atmosphère conviviale".

"Aux États-Unis, il y a un appétit pour investir (...) mais sans clients réguliers, il n'y aura pas de business", prévient celui qui recense plus de 35.000 usagers dans ses installations.

Montaner note que la discipline garde un côté "élitiste", avec des "investissements élevés" à cause des courts et de leurs parois. Il veut croire que l'augmentation de l'offre fera baisser les tarifs horaires.

Quelques vedettes comme Lionel Messi, Cristiano Ronaldo ou Max Verstappen ont popularisé la pratique avec des vidéos sur leurs réseaux sociaux.

D'autres ont lancé leurs propres installations, comme Rafael Nadal en Espagne, Neymar au Brésil, ou encore Zinédine Zidane en France.

L.Navarro--LGdM