Jeux paralympiques: Arthur Bauchet, ambition quintuplé
Il s'entraîne "pour les cinq médailles d'or": aux Jeux paralympiques d'hiver, les objectifs sont clairs pour le skieur français Arthur Bauchet, tête d'affiche des Bleus et favori assumé à Cortina.
Le statut est presque nouveau pour celui que beaucoup avaient découvert quatre ans plus tôt, à Pékin. Le jeune homme d'alors 21 ans y avait raflé ses trois premiers titres paralympiques, et quatre podiums sur cinq courses disputées dans sa catégorie LW3, en ski debout.
"C'est vrai que depuis, j'ai un rôle de favori qui s'est vraiment dessiné. On me dit toujours que c'est un rôle difficile à acquérir, mais encore plus compliqué à conserver", estime le natif du Var, rencontré par l'AFP à Tignes il y a quelques semaines, et qui entrera en lice samedi avec l'épreuve de descente.
Depuis, la faim de succès ne s'est pas estompée, avec pas moins de sept nouveaux titres de champion du monde depuis 2022 (12 au total), et 10 victoires en Coupe du monde (19 podiums) pour la saison 2025-2026.
Malgré quelques impasses effectuées pour préparer au mieux les Jeux, et des difficultés en vitesse en début de saison, Bauchet s'est même offert un 8e gros globe de cristal consécutif.
De quoi laisser tous les voyants au vert pour celui qui s'inscrit en successeur naturel de Marie Bochet, légende du para ski-alpin tricolore aux huit titres paralympiques.
"Tu te dis que c'est génial, c'est fou et j'ai l'impression que tout me réussit donc j'en profite à fond", se réjouit le multi-médaillé, dont le sourire ne s'efface que rarement du visage.
- "Je me tue à l'entraînement" -
C'est le cas, cependant, quand la douleur liée à sa maladie, la paraparésie spastique (provoquant notamment de forts spasmes) prend le dessus. Celle-ci a évolué, au point de le faire passer très brièvement dans la catégorie de handicap supérieure (LW1) en début de saison.
Mais "le lendemain, on a fait un slalom et j'ai gagné la course avec 17 secondes d'avance ! je crois que les classificateurs n'ont pas trop aimé", en rigole l'intéressé qui concourra bien en LW3, et dans les cinq courses: descente, super-G, géant, slalom et super-combiné.
"Clairement, je m'entraîne pour faire cinq médailles d'or, même si cela va être très compliqué. J'ai envie de viser haut car je me tue à l'entraînement", assume Arthur Bauchet, qui en dehors de la saison de ski, a aussi fait le choix de pratiquer le cyclisme à haut niveau.
"Cela m'a appris mentalement à être bon. Quand ça devient compliqué un peu dans les jambes, je me dis +tu es capable de faire un contre-la-montre en vélo, tu ne vas pas pleurer pour 1min10 de descente!".
- Chef de file d'un groupe ambitieux -
Parmi ses autres motivations, la progression constante de l'équipe de France de para ski alpin.
Depuis Pékin, il a pris l'habitude "de partager de plus en plus de podiums" avec ses coéquipiers, à l'instar de Jules Segers ou encore Oscar Burnham.
"On essaie de le titiller, donc lui aussi progresse, commente ce dernier, avoir le meilleur du monde dans ton groupe, c'est un très bon point".
Quant au fait de "chanter la Marseillaise à plusieurs, avec tes potes, c'est toujours mieux que tout seul, complète Arthur Bauchet, ça a une autre saveur".
Seul ou accompagné, reste à savoir s'il parviendra désormais à réussir son pari fou: goûter à l'or à cinq reprises.
T.Hernandez--LGdM