Iran: Washington attend des "mesures concrètes" de l'Irak
Les États-Unis ne reprendront les transferts financiers en Irak et leur assistance en matière de sécurité que lorsque Bagdad aura pris des "mesures concrètes" contre les groupes armés pro-iraniens, a déclaré mardi soir un haut responsable américain.
Le mois dernier, les Etats-Unis avaient suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire. Ils espéraient ainsi forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains.
Ce haut responsable du département d'État américain a expliqué, sous couvert d'anonymat, que Ali al-Zaidi, désigné comme prochain Premier ministre, devait s'attaquer à la "ligne floue" entre l'Etat irakien et les groupes armés pro-iraniens dans ce pays majoritairement chiite.
La reprise du soutien américain suppose "l'expulsion des milices terroristes de toute institution étatique, la coupure de leur financement par le budget irakien et le refus du versement de salaires à ces combattants", a précisé le responsable.
"C'est ce type de mesures concrètes qui nous donnerait confiance et nous ferait dire qu'il existe un nouvel état d'esprit".
Chargé de former un gouvernement, Zaidi a été félicité par le président américain. Donald Trump avait en revanche menacé de retirer son soutien si l'ancien favori, le chiite Nouri al-Maliki, accédait au poste.
Selon le même responsable, les installations américaines en Irak ont subi plus de 600 attaques depuis fin février et le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.
"Je ne minimise pas la gravité du défi ni ce qu'il faudrait pour démêler ces relations. On pourrait commencer par une déclaration de politique claire et sans ambiguïté, affirmant que les milices terroristes ne font pas partie de l'État irakien", a fait valoir cette source. "Certains éléments de l'État irakien ont continué d'assurer une couverture politique, financière et opérationnelle à ces milices terroristes".
Les relations bilatérales s'étaient détériorées avec Washington lorsqu'il est apparu que Maliki visait de nouveau la fonction de Premier ministre, dans un pays où, par convention, le chef du gouvernement est chiite, le président du Parlement sunnite et la présidence, largement cérémonielle, Kurde.
Figure de la vie politique irakienne, âgé de 75 ans, Maliki est accusé de conserver une grande proximité avec le gouvernement clérical chiite iranien et d'attiser les tensions confessionnelles.
Depuis le début de la guerre, les attaques menées par des groupes armés en Irak ont visé l'ambassade américaine à Bagdad, son installation diplomatique et logistique à l'aéroport de la capitale, ainsi que des champs pétrolifères exploités par des compagnies étrangères.
S.Ramos--LGdM