La Gaceta De Mexico - Brésil : le parti de Flavio Bolsonaro reconnaît la victoire surprise de Lula

Brésil : le parti de Flavio Bolsonaro reconnaît la victoire surprise de Lula
Brésil : le parti de Flavio Bolsonaro reconnaît la victoire surprise de Lula / Photo: © AFP

Brésil : le parti de Flavio Bolsonaro reconnaît la victoire surprise de Lula

Le parti du candidat conservateur Flavio Bolsonaro a reconnu lundi la réélection surprise du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à la tête du Brésil, à l'issue d'un scrutin que Donald Trump a qualifié de "truqué".

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Flavio Bolsonaro lui-même n'a pas reconnu formellement sa défaite. S'il a renoncé à demander l'annulation de l'élection, il a affirmé qu'il solliciterait de la justice l'invalidation de la candidature de Lula pour "abus de pouvoir" économique et politique.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans mardi, a contre toute attente comblé son retard du premier tour et décroché un quatrième mandat inédit. Le plus grand pays d'Amérique latine reste à gauche dans une région qui penche majoritairement à droite.

Le président sortant a devancé de quatre points le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump, après avoir réussi à galvaniser la gauche dans la rue et sur les réseaux sociaux.

A contre-courant des dirigeants des principales puissances du monde, le président américain a qualifié sa victoire de "lamentable".

"Franchement, ça ressemblait à une autre élection truquée... c'était tellement corrompu, tellement lamentable", a-t-il dit à des journalistes à Washington.

"Nous reconnaissons le résultat de l'élection présidentielle proclamé par le Tribunal supérieur électoral", a néanmoins annoncé le parti libéral de Flavio Bolsonaro dans un communiqué, tout en demandant des "éclaircissements" sur l'impact des aides sociales approuvées par Lula pendant la campagne.

- "Résister au chaos" -

Dès dimanche soir, Flavio Bolsonaro avait crié à la "magouille" et réclamé l'annulation du scrutin, prolongé de deux heures à la demande de Lula, qui avait affirmé que des électeurs avaient été empêchés de se rendre aux urnes.

Mais le candidat de droite avait fait une demande similaire en raison de fortes pluies dans deux régions.

Les événements rappellent la réaction de son père en 2022.

Jair Bolsonaro n'a jamais reconnu sa défaite face à Lula au second tour cette année-là et a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État.

Le président du tribunal électoral, Kassio Nunes Marques, un magistrat nommé par Jair Bolsonaro, a contredit les affirmations du sénateur de droite: il a salué des "élections réussies" et affirmé que la prolongation du vote n'avait pas affecté le résultat.

Flavio Bolsonaro a par ailleurs annoncé lundi avoir été sommé de remettre ses passeports aux autorités et s'être vu interdire par un juge de quitter le pays.

Le parlementaire de 45 ans est visé par une enquête pour des soupçons de corruption en lien avec le financement d'un film consacré à son père.

Pour le politologue Oliver Stuenkel, l'écart de voix entre les deux candidats "a été assez considérable" et il sera donc "très difficile" pour Flavio Bolsonaro de "convaincre les électeurs que le résultat est dû à une fraude électorale".

- La Bourse dévisse -

L'Union européenne, la France, l'Espagne, mais aussi la Russie, la Chine et l'Inde ont adressé leurs voeux au président brésilien.

"La démocratie et le multilatéralisme ont gagné au Brésil", s'est félicitée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos de la victoire de son "ami" Lula.

Le président français Emmanuel Macron a appelé à faire "vivre l'amitié entre nos deux pays au service d'un monde plus juste" face aux "grands défis de notre temps".

Lula a été chaudement félicité par la gauche au pouvoir en Amérique latine, dont la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le Cubain Miguel Diaz-Canel et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.

Mais aussi par des pays dirigés par la droite, dont le Chili, le Pérou ou l'Équateur, qui ont assuré vouloir continuer à travailler à des objectifs communs avec le géant de la région.

Réagissant à la victoire inédite de l'ancien leader syndical, les marchés brésiliens ont chuté de près de 17% à l'ouverture lundi et fermé en baisse de près de 14%. Concernant les devises, le dollar s'est envolé face au réal.

Lula a promis davantage de dépenses publiques pour les programmes sociaux, à un moment où la dette publique s'envole.

Le scrutin "a réservé une mauvaise surprise aux marchés", a expliqué Graham Stock, stratégiste chez RBC BlueBay. Selon lui, "le principal signal attendu par les marchés sera l'engagement du prochain gouvernement Lula en faveur de la discipline budgétaire".

D.Vasquez--LGdM