La Gaceta De Mexico - Brise-glace et câble sous-marin: l'UE veut renforcer sa présence dans l'Arctique

Brise-glace et câble sous-marin: l'UE veut renforcer sa présence dans l'Arctique
Brise-glace et câble sous-marin: l'UE veut renforcer sa présence dans l'Arctique / Photo: © Ritzau Scanpix/AFP

Brise-glace et câble sous-marin: l'UE veut renforcer sa présence dans l'Arctique

Son nom n'est pas mentionné une seule fois dans le document, mais est dans tous les esprits: l'Union européenne a dévoilé mardi sa grande stratégie pour l'Arctique, neuf mois après les menaces de Donald Trump visant le Groenland.

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Dans cette région convoitée par les Etats-Unis, la Russie ou la Chine, l'Europe doit muscler sa "posture stratégique", a insisté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Au Parlement européen à Strasbourg, la dirigeante a insisté nommément sur la menace de la Russie, qui renforce sa "présence militaire" dans cette zone clé.

Mais l'Europe n'a pas oublié les velléités de Donald Trump de s'emparer du Groenland, un territoire autonome danois, secoué par les déclarations tonitruantes du président américain début 2026.

Certes les tensions sont retombées depuis l'accord signé en septembre par Danemark, Etats-Unis et Groenland, qui met fin, du moins pour le moment, à la crise.

Mais les Européens veulent éviter qu'un tel épisode ne se reproduise.

"La souveraineté, l'intégrité territoriale et les règles qui ont garanti la stabilité de cette région ne peuvent plus être considérées comme acquises", a ainsi insisté Ursula von der Leyen.

Avec sa nouvelle stratégie, l'UE entend donc:

- Renforcer la flotte européenne de brise-glaces, ces navires essentiels pour naviguer sur des routes de plus en plus stratégiques

- Muscler son système de surveillance afin de mieux détecter des navires de la flotte fantôme

- Connecter, à long terme, l'Europe au Japon via un câble pour les communications sous-marin passant par le Groenland et le Canada (les Etats-Unis ne sont pas mentionnés)

- Sans financement supplémentaire -

Aucun financement supplémentaire n'est toutefois prévu dans ce document.

Ursula von der Leyen avait déjà annoncé 200 millions d'euros pour le Groenland lors de sa visite dans le territoire autonome danois début septembre.

Le Groenland compte utiliser les nouveaux fonds européens pour participer au développement de projets concrets, comme le développement d'un meilleur accès à internet.

Bruxelles espère quant à elle en profiter pour diversifier l'accès européen aux matières premières critiques -- jusqu'ici très lié à la Chine.

La stratégie européenne préconise aussi de renforcer la coopération avec des pays non membres de l'UE partageant les mêmes objectifs, comme le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège.

L'Europe propose également d'organiser régulièrement un sommet réunissant les partenaires du "voisinage nordique".

Les Etats-Unis figurent parmi les pays susceptibles d'y participer.

L'Amérique de Donald Trump, longtemps un allié clé dans la région, se fait remarquer par son absence dans le reste du document.

- Pas de forage -

L'Arctique est également au cœur de préoccupations environnementales de l'UE.

Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales.

Bruxelles souligne la nécessité d'y investir dans les énergies renouvelables.

Et "la position de l'UE concernant les forages dans l'Arctique reste inchangée et très claire : le pétrole, le charbon et le gaz doivent rester dans le sol", a insisté le commissaire européen à l'énergie Dan Jorgensen.

La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d'accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes.

En août, la Chine et la Corée du Sud ont envoyé des porte-conteneurs par la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, afin d'en tester la viabilité. Cette voie devient navigable pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule.

Y.Suarez--LGdM