La Gaceta De Mexico - Flavio Bolsonaro, l'héritier politique à l'ombre du père

Flavio Bolsonaro, l'héritier politique à l'ombre du père
Flavio Bolsonaro, l'héritier politique à l'ombre du père / Photo: © AFP

Flavio Bolsonaro, l'héritier politique à l'ombre du père

Flavio Bolsonaro a hérité du nom et de la base électorale de son père, mais pas de l'aura qui a aidé Jair Bolsonaro à remodeler la droite brésilienne.

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Cela ne l'empêche pas d'être au coude à coude avec Lula dans la course présidentielle.

Ce sénateur de 45 ans était peu connu au niveau national avant que l'ex-président (2019-2022), aujourd'hui emprisonné pour tentative de coup d'Etat, ne le désigne comme son héritier politique.

Bien qu'il soit visé par une enquête pour des soupçons de corruption, son patronyme lui a suffi pour s'imposer comme un sérieux concurrent face au candidat de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat à 80 ans.

Dans ses entretiens, il se décrit comme un "Bolsonaro plus modéré", mais affirme que son père restera sa "boussole".

"Il est difficile de comparer le fils de Pelé à Pelé", a-t-il reconnu lors d'un meeting à Rio de Janeiro.

Si les provocations, invectives et défis aux institutions lancés par Jair Bolsonaro ont fait de lui un épouvantail pour certains, le tempétueux capitaine reste la référence incontournable du camp conservateur.

Ses partisans sont prêts à transférer leur vote sur celui qu'il a choisi.

"Moi, j'aurais préféré Jair. Mais comme Jair n'est pas là, je vote pour Flavio", a déclaré à l'AFP Marco Antonio da Rosa, un étudiant en droit de 21 ans présent au meeting de Rio.

- "Rééduqué" -

Né dans l'État de Rio de Janeiro, Flavio est l'aîné des quatre fils de l'ancien chef d'Etat, et celui qui lui ressemble physiquement le plus, jusque dans ses manières décontractées.

Il laisse parfois couler quelques larmes lorsqu'il parle du sort de son père. Il l'avait même convoqué sous forme de deepfake plus vrai que nature lors du lancement de sa candidature.

Jair Bolsonaro purge chez lui une peine de 27 ans de prison pour avoir cherché à se maintenir au pouvoir après sa défaite face à Lula en 2022.

Avocat de profession, Flavio Bolsonaro est devenu député de l'État de Rio à 21 ans, puis sénateur à 37 ans.

Père de deux filles, il cultive l'image d'un homme de famille dévoué.

Dans une vidéo où il se montre en famille chez lui, son épouse Fernanda s'attribue en souriant le mérite des manières posées de son mari: "Je l'ai rééduqué".

- "Mon frère" -

Flavio Bolsonaro n'a pas perdu pied malgré une campagne secouée par des crises.

Il s'est retrouvé au coeur d'une querelle avec sa belle-mère, Michelle Bolsonaro, qui l'a accusé de l'avoir "maltraitée", sur fond de rivalités de pouvoir. L'ancienne première dame a fini par accepter ses excuses.

Surtout, un enregistrement audio a fuité dans lequel on entend Flavio Bolsonaro demander au banquier Daniel Vorcaro - accusé dans une retentissante affaire de fraude - de financer un film sur son père.

Le fils Bolsonaro, qui avait nié tout contact avec le financier, conteste toute irrégularité, mais fait l'objet d'une enquête pour des soupçons de corruption et blanchiment.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il appelait à plusieurs reprises Daniel Vorcaro "mon frère", il a répondu que c'était la manière familière de parler des Cariocas.

Le poursuit aussi un vieux scandale: député de Rio, il avait été accusé d'avoir prélevé une partie des salaires de ses assistants dans le cadre d'un système de rétrocommissions. L'affaire a été classée sans suite.

- Avion de chasse -

Sur les réseaux sociaux, Flavio Bolsonaro mise sur des spots de campagne léchés, générés par intelligence artificielle. Il y apparaît quelquefois en combinaison de vol et lunettes d'aviateur, aux commandes d'un avion de chasse en mission pour le Brésil.

Il se vante d'entretenir de bonnes relations avec le président américain Donald Trump – allié de son père –, qui l'a reçu à la Maison Blanche.

Partisan de la ligne dure face au crime, dans un pays exaspéré par le niveau de violence, il vante les politiques de sécurité du président salvadorien Nayib Bukele, vilipendées par les défenseurs des droits humains.

"Comparé à son père, il est plus affable et sociable (...) mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas idéologiquement d'extrême droite", estime l'analyste politique Thomas Traumann.

S'il l'emporte en octobre, Flavio Bolsonaro s'est engagé à ne pas briguer la réélection dans quatre ans.

D.F. Felan--LGdM