La Gaceta De Mexico - Vingt-cinq ans après, entretenir la mémoire du 11-Septembre auprès des jeunes

Vingt-cinq ans après, entretenir la mémoire du 11-Septembre auprès des jeunes
Vingt-cinq ans après, entretenir la mémoire du 11-Septembre auprès des jeunes / Photo: © AFP

Vingt-cinq ans après, entretenir la mémoire du 11-Septembre auprès des jeunes

Lorsque Max Avena, un lycéen de 17 ans, s'est rendu sur le site où se dressaient autrefois les tours jumelles de New York, les récits des survivants des attaques les plus meurtrières jamais commises sur le sol américain l'ont laissé "sans voix".

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Vingt-cinq ans après le 11 septembre 2001, des enseignants, des bénévoles ou des survivants s'emploient à combler les lacunes d'une génération de jeunes comme lui, qui n’étaient pas nés lorsque les Etats-Unis ont été frappés par l'organisation jihadiste Al-Qaïda.

Il n'existe pas d'enseignement national standardisé de ces événements aux Etats-Unis, où 2.977 personnes ont péri dans ces attaques, conduisant à une mosaïque de contenus et d’approches à travers le pays s'agissant de ce qui est appris à l'école.

Des bénévoles, des enseignants et des associations prennent donc le relais.

Au lycée de Wantagh près de New York, une ville recensant une douzaine de victimes des attaques, les enseignants ont voulu organiser une visite du mémorial du 11-Septembre et du musée, pour que les élèves prennent la mesure de l'événement.

"Ils apprenaient le 11-Septembre de la même manière qu'ils apprenaient la Seconde Guerre mondiale et Pearl Harbor", raconte à l'AFP le directeur de l'école, Paul Guzzone, 41 ans.

Or "on ne peut pas comparer" l'expérience d'une visite sur le site avec le simple fait d'entendre des récits en classe ou de regarder des vidéos en ligne, poursuit-il.

Max Avena a visité le mémorial l'an dernier et a raconté en avoir été profondément marqué.

"On ne réalise jamais vraiment à quel point c'est réel, ni ce que l'on ressent, avant de se retrouver sur le site", dit-il.

- "Le sacrifice" -

Pour couvrir les frais des visites dans le sud de Manhattan, la fondation caritative de l'acteur Gary Sinise leur est venue en aide, accompagnant aussi une collecte de fonds pour permettre des visites annuelles et financer un mémorial au sein de l'école.

Même des enseignants fraîchement issus de l'université n'ont, du fait de leur âge, "aucun souvenir du 11-Septembre, et cela rend d'autant plus important le fait de raconter cette histoire", déclare James Ravella, vice-président exécutif de la fondation.

Et avec le temps, les témoins vont se faire plus rares. "Le fait de pouvoir parler à partir de son expérience personnelle s'estompe chaque année", pointe Paul Guzzone.

La fondation propose aussi des programmes de formation pour les enseignants, en partenariat avec le mémorial et le musée du 11-Septembre.

Pour les plus petits, il existe également des ressources pédagogiques numériques consacrées aux attaques, comme "Le monde des mots d’OOPA" ("OOPA’s World of Words"), série de vidéos en ligne destinée à développer leur compréhension des événements.

Le personnage principal, interprété par une enseignante, Rupa Mehta, explique à des enfants dès l’âge de cinq ans des mots tels que "anniversaire", "urgence", "héros", "mémoire" ou "service".

Certaines vidéos mettent en scène les témoignages de personnes touchées par les attentats, notamment celui d'une fille de 11 ans dont le grand-père était intervenu lors de l'attaque du Pentagone.

Rupa Mehta explique que c'est l'expérience d'une autre jeune fille qui l'avait incitée à créer cette série.

"En regardant les informations un jour d'anniversaire du 11-Septembre j'ai été stupéfaite d'entendre une enfant qui disait sa tristesse que le sujet ne soit pas enseigné dans son école", dit-elle.

"Elle avait le sentiment que l'héritage familial, sa contribution, son sacrifice n'étaient pas reconnus. Et c'est à ce moment-là que je me suis dit que nous pouvions apporter notre aide", ajoute-t-elle.

D.Quate--LGdM