A Paris, Grégoire dévoile son plan pour adapter la ville au réchauffement climatique
Protection des plus fragiles face aux canicules, végétalisation "massive", accélération des rénovations de logements, promenade continue sur les quais de Seine: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI à Paris, a dévoilé lundi un plan de transformation écologique de la ville pour répondre à l'enjeu du réchauffement.
Paris est la capitale d'Europe la plus mortelle en cas de canicule, avait rappelé The Lancet Planetary Health en 2023 et dès 2030, les canicules pourraient atteindre 50°C.
"L'écologie est d'abord une politique de santé publique", reconnaît Emmanuel Grégoire. Face au risque de canicule, il propose de multiplier les "refuges de fraîcheur" pour les plus vulnérables et de réquisitionner en cas d'urgence les halls d'immeubles de bureaux climatisés.
Les bâtiments publics de la Ville seront "mis en sécurité climatique", promet le candidat, ce qui passe par l'accélération des rénovations thermiques dans les écoles. Ces dernières seront dotées de cours végétalisées, de stores, ventilateurs et de "salles fraîches", sans mentionner le recours à la climatisation.
Le deuxième grand axe prévoit la poursuite de la transformation de l'espace public pour en faire un "outil de protection climatique".
Les "rues aux enfants" (ou "rues aux écoles") piétonnisées seront portées de 300 à 1.000, et des "piétonnisations temporaires" pourront être autorisées pour des événements associatifs ou festifs "en bas de chez soi".
Cinq nouvelles places seront végétalisées: place de la Concorde, Gambetta, place du Trocadéro, d'Italie, Bataille-de-Stalingrad.
La minérale place de la République, déjà réaménagée pour 20 millions d'euros en 2013, sera également davantage végétalisée.
A l'instar de la candidate de la droite Rachida Dati, Emmanuel Grégoire défend un "droit au beau" et une "meilleure cohérence" du mobilier urbain, critiqué pour son manque d'esthétisme.
Autre projet-clé: le boulevard périphérique sera transformé en "boulevard urbain" et accueillera des liaisons bus avec la banlieue sur certains tronçons ainsi qu'à terme, des vélos. Les portes de Paris seront réaménagées en places "dynamiques".
Pour les piétons, les deux berges de la Seine offriront 25 km de promenade continue et végétalisée, avec des aménagements prévus entre la passerelle Debilly et la Concorde à l'ouest, ainsi qu'entre le port de l'Arsenal et les jardins de Bercy à l'est.
-"Promesses sans lendemain"-
En été, un nouveau site estival de baignade sera ouvert dans le port de l'Arsenal, dénommé "Plage de la Bastille", tandis que la Bièvre, affluent de la Seine, sera pour partie découverte. Afin de multiplier les espaces de fraîcheur, 10 km supplémentaires de la Petite ceinture seront rendus accessibles sur un total de 32, dont 10 déjà aménagés.
Comme le prévoit le plan local d'urbanisme bioclimatique, M. Grégoire réitère le voeu d'ouvrir "300 nouveaux hectares de jardins". Dix nouveaux parcs verront par ailleurs le jour sur certains boulevards à la place des voies de circulation, tout en maintenant la desserte locale.
Pour les enfants, dix "aires de jeu XXL" sont prévues, dont deux dans les bois de Boulogne et Vincennes.
Troisième volet du plan, l'adaptation des logements prévoit un grand "plan volets" dans le parc social, 200.000 rénovations thermiques de logements, dont 35.000 sociaux, et le débitumage de cours d'immeubles contre les îlots de chaleur.
Emmanuel Grégoire entend par ailleurs "mobiliser chaque mètre carré pour rafraîchir la ville", ce qui passe par l'adaptation des toits en zinc, l'ouverture de "toits partagés et végétalisés", mais aussi l'incitation des automobilistes à stationner en sous-sol grâce des tarifs résidentiels attractifs.
Interrogé par l'AFP, l'écologiste Émile Meunier, récemment rallié à la candidate LFI Sophia Chikirou, critique une "mystification". "A moyens constants, il est impossible d'accélérer la rénovation des logements, le plan vélo ou la création de nouveaux parcs", estime-t-il, jugeant qu'on continue au contraire "à bétonner et à construire des bureaux" sur les dernières grandes friches.
"Il n'y a pas un mot sur le financement. Ce ne sont donc que des promesses sans lendemain", renchérit-on dans l'équipe de Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons-Renaissance.
"Grégoire propose de refaire un aménagement des places de la République et de Gambetta, qui ont déjà coûté plus de 30 millions d'euros au contribuable parisien. C'est donc un aveu d'échec", ajoute-t-on de même source.
A.Gonzalez--LGdM