Au Mondial de l'Auto, la CGT demande un "changement de cap industriel"
Une "voiture populaire, électrique ou hybride, fabriquée en France peut faire vivre toute la filière": au salon Mondial de l'automobile à Paris, la CGT n'est pas venue manifester contre pertes d'emploi et délocalisations, mais pour demander "un changement de cap industriel".
"La France dispose encore de la quasi-totalité des outils industriels et des compétences nécessaires pour concevoir, fabriquer et assembler un véhicule", a déclaré mardi à l'AFP Stéphane Flégeau, secrétaire général de la fédération métallurgie de la CGT.
Au premier jour d'ouverture du salon au grand public, il distribue un long tract destiné à mobiliser public et gouvernants autour du sort des sidérurgistes, fonderies, forges, équipementiers, constructeurs de batteries et sous-traitants, menacés notamment par le rouleau compresseur des voitures chinoises à bas coût.
Pour la première fois, le salon accueille 30% de marques chinoises cette année.
La CGT souhaite sensibiliser les visiteurs au "danger de mort" qui menace une filière qui emploie près d'un million de personnes en France.
Le syndicat dénonce surtout la logique "de financiarisation" des constructeurs comme Renault et Stellantis qu'elle accuse d'abandonner leurs sous-traitants locaux en sourçant de plus en plus loin des pièces moins chères: "une incohérence sociale et environnementale", selon M. Flégeau, liée "à la volonté de fournir des marges à deux chiffres".
Toyota "arrive bien à produire en France avec ses sous-traitants autour" de l'usine, note-t-il, déplorant de voir qu'aucune offre de reprise n'ait été finalement confirmée mardi pour la Fonderie de Bretagne - ex Renault.
"À moins que les véhicules ne volent un jour, il y aura toujours besoin de pièces de sécurité en fonte, en lien avec les roues, répondant aux normes de sécurité demandées par les constructeurs, même sur les voitures électriques", fait-il valoir. "Cette usine sait les fabriquer", mais les constructeurs "les achètent au Brésil ou en Turquie".
La CGT qui porte avec la CFDT, le Réseau Action Climat (RAC) et Greenpeace, la proposition de fabriquer une "petite voiture électrique en France, à moins de 17.000 euros" face à la stratégie de montée en gamme des constructeurs axée sur les gros SUV, a ajouté deux autres propositions.
"Fabriquer une petite voiture hybride rechargeable à moins de 20.000 euros hors aides publiques, avec une forte proportion de composants fabriqués en France", et "créer une filière de déconstruction et de recyclage automobile en Normandie", détaille Denis Bréant, de la CGT metallurgie.
A.M. de Leon--LGdM