La Gaceta De Mexico - "Ça devrait inquiéter chaque ministre des Finances": la surchauffe des océans, l'autre menace

"Ça devrait inquiéter chaque ministre des Finances": la surchauffe des océans, l'autre menace
"Ça devrait inquiéter chaque ministre des Finances": la surchauffe des océans, l'autre menace / Photo: © AFP/Archives

"Ça devrait inquiéter chaque ministre des Finances": la surchauffe des océans, l'autre menace

Sous l'effet du réchauffement climatique et du phénomène El Niño, les océans du monde connaissent une série de records de chaleur qui inquiètent les scientifiques, alertant sur les conséquences pour l'environnement mais aussi l'économie.

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"La chaleur prolongée dans les océans n'est pas seulement un problème environnemental", souligne Tom Pickerell, spécialiste de biologie marine et responsable du programme océans du World Resource Institute (WRI), lors d'une présentation à la presse.

Moins de sardines pour les pêcheurs marocains, des touristes qui renoncent à aller voir des coraux en train de mourir, des réacteurs nucléaires à l'arrêt en raison de la prolifération de méduses cet été en France...

"Un océan plus chaud perturbe la pêche et les approvisionnements alimentaires, endommage les récifs et les plages qui soutiennent le tourisme, met à rude épreuve les infrastructures énergétiques, et alimente les phénomènes météorologiques extrêmes affectant les communautés côtières et les entreprises", remarque Tom Pickerell.

Cela "devrait inquiéter chaque ministre des Finances", juge-t-il.

-"100 jours de chaleur record"-

La chaleur a atteint des niveaux jamais répertoriés en août sur la planète et la température moyenne des océans, hors des régions polaires, a atteint 21,07°C au cours de ce mois, soit la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec celle de mars 2024, a indiqué l'observatoire européen Copernicus jeudi.

L'été (juin à août) 2026 a aussi été le plus chaud depuis 1993, selon Copernicus Marine Service, sous l'effet notamment du phénomène naturel El Niño, dont l'épisode actuel s'annonce très puissant, et qui se surajoute au réchauffement climatique d'origine humaine.

"Le moteur de cette chaleur record est le changement climatique, c'est la tendance de long terme", insiste Zachary Labe, climatologue au sein du centre de recherche Climate Central.

Selon lui, les océans viennent de connaître une série de "100 jours de chaleur record" pour cette période de l'année. Cette estimation s'appuie sur des données, pour certaines préliminaires, sur la température de surface des océans issues de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA).

"Je m'attends à ce que nous continuions à parler de températures records, à la fois dans l'atmosphère et dans l'océan, au moins jusqu'en 2027", estime-t-il.

- Pas de clim pour les océans -

Ce réchauffement des océans a de multiples conséquences: il dilate l'eau, ce qui élève le niveau de la mer, renforce les vagues de chaleur marines qui affaiblissent les coraux, raréfie les poissons par endroits et aggrave des phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones.

"Les vagues de chaleur marines peuvent entraîner la fermeture de zones de pêche, en raison de maladies, de mortalité, ou simplement parce que les poissons se déplacent vers une partie plus fraîche de l'océan. Cela peut coûter aux communautés des millions, voire des milliards de dollars, tout en affectant également les prix alimentaires", relève Kathryn Smith, de l'Association de biologie marine britannique.

Tom Pickerell cite l'exemple de la raréfaction des sardines dans des eaux marocaines plus chaudes. "Cela s'est traduit par une interdiction des exportations et des pénuries sur le marché européen".

Pour les experts, il existe peu de solutions immédiates à ce problème, en dehors de l'accélération des politiques climatiques.

"Sur terre nous pouvons toujours installer une climatisation pour nous rafraîchir. Mais l'adaptation pour les océans et la vie marine n'est pas si simple et reste très limitée", rappelle Claire Bergin, chercheuse à l'université irlandaise de Maynooth.

"Une transition rapide pour sortir des énergies fossiles est essentielle pour sauver des écosystèmes vitaux, la pêche et le tourisme", insiste-t-elle.

La Turquie et l'Australie, pays co-organisateurs de la COP31 qui se tient cet automne à Antalya (9 au 20 novembre), ont mis la question des océans à l'ordre du jour.

F.Maldonado--LGdM