La Gaceta De Mexico - Les affrontements se poursuivent en Albanie entre manifestants et forces de l'ordre

Les affrontements se poursuivent en Albanie entre manifestants et forces de l'ordre
Les affrontements se poursuivent en Albanie entre manifestants et forces de l'ordre / Photo: © AFP

Les affrontements se poursuivent en Albanie entre manifestants et forces de l'ordre

Les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre se sont poursuivis lundi soir à Tirana, capitale de l'Albanie, dont le Premier ministre Edi Rama a dit que la "ligne rouge" avait été franchie par des groupes violents, tout en proposant un "dialogue".

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Tirana est depuis mardi le théâtre de scènes d'émeutes lors de manifestations auxquelles ont participé des milliers de personnes, notamment des jeunes, dénonçant les mauvaises conditions d'étude dans les universités, la corruption, et exigeant la démission du chef du gouvernement.

Rassemblés dans la soirée devant le ministère de l'Intérieur, les manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre le bâtiment. Les policiers antiémeute ont utilisé les canons à eau, des gaz lacrymogènes et ont tiré des balles en caoutchouc pour les repousser, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Dans les rues du centre-ville, les manifestants ont renversé des poubelles incendiées pour ralentir l'avancée des forces de l'ordre, qui ont procédé à de nouvelles interpellations.

Quelques heures plus tôt, des affrontements ont eu lieu devant le ministère de l'Éducation, un des points de rassemblements des manifestants.

Empêchés en milieu de journée de s'approcher du siège du gouvernement, une vingtaine de manifestants ont vandalisé les portes et les fenêtres du bâtiment d'une cour d'appel, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre.

"Nous poursuivrons notre mouvement jusqu'à la démission de Rama. Nous ne sommes pas des criminels. Nous voulons la paix sociale, de meilleures conditions de vie dans notre pays", a déclaré à l'AFP Leka Sira, étudiant de 22 ans.

"La violence n'est pas une solution, mais le gouvernement doit mener une profonde réflexion pour comprendre cette révolte", a-t-il ajouté.

Ces derniers jours, certains manifestants particulièrement violents ont incendié ou gravement endommagé des bâtiments de plusieurs ministères, de tribunaux, de banques, ainsi que des commerces. Ils ont mis le feu dimanche à un commissariat de police, ainsi qu'à l'entrée du ministère de l'Intérieur.

- 300 blessés -

La police a interpellé dimanche 68 personnes, dont 22 seront poursuivies en justice, a indiqué lundi la police de Tirana.

Dans les affrontements quotidiens, environ 300 personnes ont été blessées à ce jour, pour près des deux tiers des policiers, selon le ministère de l'Intérieur.

"Les manifestations sont un droit, tandis que la violence est un crime. Cette ligne rouge doit être clairement tracée", a dit dans la matinée le Premier ministre Edi Rama, dans un message publié sur Facebook.

Il a ajouté être prêt au "dialogue avec tout le monde, sauf avec ceux qui recourent à la violence et les partis politiques qui refusent de s'en démarquer".

Lors d'une rencontre avec des membres des forces de l'ordre, le chef du gouvernement socialiste, au pouvoir depuis 2013, a annoncé une prime de 2.500 euros pour "chaque policier en première ligne".

Edi Rama, qui avait déjà accusé à plusieurs reprises des "forces étrangères" d'être derrière les troubles, a affirmé que les manifestants violents étaient "exploités" par le mouvement Antifa et des services de renseignement étrangers, notamment en ligne, évoquant la Russie et l'Iran.

Il avait déjà dénoncé vendredi des "mains étrangères" qui visent, selon lui, à entraver le projet d'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne (UE).

Cette escalade intervient après des mois de manifestations antigouvernementales dans ce pays des Balkans, initialement déclenchées par un projet de complexe touristique controversé sur le littoral lié à la famille du président américain Donald Trump.

M.Lozano--LGdM