La Gaceta De Mexico - Jusqu'à 30 ans de réclusion pour les trois responsables d'un incendie meurtrier en 2022

Jusqu'à 30 ans de réclusion pour les trois responsables d'un incendie meurtrier en 2022
Jusqu'à 30 ans de réclusion pour les trois responsables d'un incendie meurtrier en 2022 / Photo: © AFP/Archives

Jusqu'à 30 ans de réclusion pour les trois responsables d'un incendie meurtrier en 2022

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales a condamné mercredi à 30 ans de réclusion criminelle deux frères accusés d'avoir commandité l'incendie d'une épicerie en 2022, qui avait embrasé deux immeubles et tué huit personnes, et à 25 ans de réclusion leur exécutant.

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Khaled et Raouf Ben Abdeljelil ont été jugés coupables d'avoir voulu empocher les indemnités d'une assurance en demandant à un jeune homme sans papiers, Madjid Mekhelfi, de mettre le feu en février 2022 à la supérette du premier, ce qui avait provoqué une explosion et tué huit personnes dont deux enfants en bas âge.

Dans sa décision, identique en tous points aux réquisitions prises mardi par les avocats généraux Jérôme Bourrier et Céline Straub, la cour a également adjoint à ces peines une interdiction définitive de territoire français pour les trois hommes, ressortissants tunisiens pour les deux frères et algérien pour M. Mekhelfi.

- Soulagement -

Cet incendie s'était déclaré la nuit du 13 au 14 février 2022 après une explosion dans une épicerie de Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales), un bourg de 10.000 habitants près de Perpignan, avant de se propager rapideme

nt à des appartements où huit personnes, dont deux enfants en bas âge, ont trouvé la mort.

La famille résidant au-dessus de l'épicerie, qui a survécu, a livré aux enquêteurs un récit terrifiant: réveillée par un grand "boum" qui a soulevé son lit, la mère a dû tirer sa fille par le bras pour l'empêcher de traverser un grand trou dans le plancher, au travers duquel étaient visibles les flammes dévorant le commerce.

Le drame, qui avait notamment décimé une famille entière de cinq personnes, dont des parents d'une vingtaine d'années, leurs deux enfants de 4 et 18 mois, ainsi que le père de la jeune femme, avait particulièrement ému.

Nicolas Nassier, l'avocat de la famille de la jeune mère décédée, a expliqué à l'AFP que ses clients étaient "soulagés" après ce verdict, "parce que la vérité judiciaire est tombée".

"A défaut d'avoir été la vérité sortant de la bouche des accusés, c'est la vérité d'une cour d'assises qui est intervenue", a-t-il poursuivi, les deux frères ayant continué de nier leur implication lors du procès.

Madjid Mekhelfi, 27 ans à l'époque, retrouvé grièvement brûlé à proximité de l'épicerie après l'incendie, a avoué, lors de la procédure puis à nouveau vendredi lors de l'audience, avoir mis le feu à la demande des deux frères, qui lui auraient promis un emploi et de l'aide pour régulariser sa situation.

Le gérant du commerce, Khaled Ben Abdeljelil, 46 ans, et son petit frère Raouf, 44 ans, arrivés en France dans les années 2010, ont nié tout au long de la procédure et minimisé leurs liens avec Madjid Mekhelfi, en dépit de témoignages attestant que ce dernier était hébergé chez le cadet et donnait parfois un coup de main à l'épicerie.

- Mobile -

Face à des affaires en berne, les deux frères envisageaient selon les enquêteurs d'acheter ensemble un bar. La juge d'instruction y a vu un mobile: grevés par des dettes, ils auraient tenté de financer ce projet en envoyant Madjid Mekhelfi incendier la supérette pour empocher l'argent de l'assurance.

Le ministère public a estimé mardi qu'un tel drame n'aurait pu avoir lieu sans "interaction entre (ces) trois hommes".

Les avocats de Khaled Ben Abdeljelil, Elise Arfi et Paul Gallix, n'ont pas souhaité s'exprimer après l'audience. Celui de son frère Raouf Ben Abdeljelil, Me Luc Abratkiewicz, a lui estimé que "le pire (était) arrivé".

"J'avais peur que l'émotion l'emporte sur la raison, et manifestement l'émotion l'a emporté", a-t-il déclaré à la presse au tribunal judiciaire de Perpignan.

Soulignant l'attitude de son client Madjid Mekhelfi lors des débats et "ce qu'il a apporté aux parties civiles par son témoignage extrêmement sincère", Me Gérald Brivet-Galaup a jugé que la peine prononcée contre son client, 25 ans de réclusion, était "inadaptée".

"Nous attendions une décision plus équilibrée, plus adaptée à sa personnalité, donc une décision moins sévère", a-t-il dit.

L.Navarro--LGdM