LVMH en petite croissance cet été mais la mode et la maroquinerie sont à la peine
Le numéro un mondial du luxe LVMH a publié lundi des ventes en petite hausse au troisième trimestre, portées notamment par la joaillerie et la distribution sélective, mais son activité phare, la mode et la maroquinerie, s'est inscrite dans le rouge.
De juillet à fin septembre, les ventes du propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy ont atteint 18,5 milliards d'euros, soit une hausse de 1,2 %, davantage qu'attendu par un consensus d'analystes interrogés par Factset.
Toutefois, avec une hausse organique de 1 % au troisième trimestre contre une progression organique de 3 % au trimestre précédent, il s'agit d'une décélération, surtout liée "à la demande chinoise en berne", sur fond de ralentissement économique en Chine, a indiqué Cécile Cabanis, directrice financière de LVMH, lors d'un point avec des investisseurs lundi.
Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon connaissent quant à eux "une bonne croissance", a expliqué le groupe dans son communiqué.
De juillet à fin septembre, le chiffre d'affaires du groupe a été lesté par la division mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...), sa principale activité, dont les ventes ont atteint 8,2 milliards d'euros, moins qu'attendu par les analystes interrogés par Factset.
Cette division, qui avait renoué avec la croissance pour la première fois en deux ans au trimestre précédent, a vu ses ventes reculer de 5 % en données comparables.
Longtemps fers de lance du secteur du luxe avant de connaître un repli depuis deux ans, la mode et la maroquinerie sont particulièrement scrutées par les marchés.
- "Impact négatif" -
La division a aussi été fragilisée en Chine, où la maison Louis Vuitton a poursuivi en justice la chaîne de thés locale Molly Tea, accusée d'avoir copié son logo.
Ce procès, remporté par Louis Vuitton, a suscité une vague d'indignation sur internet et des appels au boycott. Cet épisode a eu un "impact négatif" sur l'activité au début du trimestre, selon Cécile Cabanis, mais il reste toutefois difficile à quantifier.
Les ventes de toutes les autres divisions sont en revanche "au-delà des attentes", selon les analystes de Bernstein.
L'activité montres et joaillerie, un segment du luxe en plein essor, a vu ses ventes progresser de 6 % en données comparables, à 2,5 milliards d'euros.
LVMH mentionne en particulier la bonne performance du joailler Tiffany & Co. Le groupe cite aussi la visibilité apportée à Tag Heuer en horlogerie par les Grands Prix de Formule 1, dont LVMH est partenaire depuis l'an dernier.
Le chiffre d'affaires de la division distribution sélective (Sephora, Le Bon Marché...) a bondi de 8% en données comparables, à près de 4,1 milliards d'euros, soutenu par l'expansion de Sephora, qui s'est renforcé sur les principaux marchés, selon Cécile Cabanis.
Depuis le début de l'année, le secteur du luxe, qui a fortement ralenti ces dernières années, souffre sur les places financières. LVMH a ainsi perdu 40 % à la Bourse de Paris depuis janvier et s'est même fait récemment détrôner en terme de capitalisation par le géant des cosmétiques L'Oréal, qui a pris la tête du CAC 40.
X.Rivera--LGdM