La Gaceta De Mexico - Sport : 100 000 tonnes de matériel jeté chaque année en France

Sport : 100 000 tonnes de matériel jeté chaque année en France
Sport : 100 000 tonnes de matériel jeté chaque année en France

Sport : 100 000 tonnes de matériel jeté chaque année en France

Alors que près de 100 000 tonnes d'équipements sportifs sont jetées chaque année en France, la période précédant la rentrée scolaire marque un pic d'activité pour le réemploi. Entre ressourceries locales et plateformes numériques, les Français cherchent à donner une seconde vie à leur matériel plutôt que de l'incinérer.

Taille du texte:

En France, près de 100 000 tonnes d'articles de sport finissent chaque année à la poubelle, alors que leur réemploi est techniquement possible et écologiquement bénéfique. À quelques jours de la rentrée scolaire, cette problématique prend une ampleur particulière : les placards se vident, les garages s'éclaircissent et les greniers se débarrassent d'un patrimoine sportif souvent inutilisé mais encore fonctionnel.

L'Agence de la transition écologique (Ademe) souligne que la majeure partie de ce matériel pourrait être réemployée. Pourtant, le constat est sans appel : des trottinettes pour enfants, des palmes, des haltères, des kimonos portés trois fois ou des rollers trop petits traînent depuis des semaines, voire des années, attendant une seconde vie. La bonne nouvelle réside dans la multiplication des circuits de redistribution.

À Rennes, L'Equipière incarne cette dynamique de réemploi. Installée dans un nouvel espace dédié sur une friche industrielle depuis 2019, cette ressourcerie sportive vend à petits prix du matériel d'occasion reçu par don. Antoine Droullours, responsable de la boutique, explique que la rentrée constitue le moment le plus intense de l'année. « On a beaucoup de familles qui viennent pour équiper les enfants », note-t-il. Les parents apprécient de trouver des ensembles complets, comme un kimono, à moins de 10 euros. Parallèlement, ceux qui souhaitent reprendre une activité après l'été cherchent des raquettes de badminton ou des équipements sans engager de budget important.

Le flux d'entrées est régulé par les déchetteries de la métropole rennaise, où les habitants sont invités à déposer leurs articles dans un bac dédié. Une fois triés, ces objets rejoignent L'Equipière ou d'autres structures d'économie sociale et solidaire. « On reçoit parfois des choses qui paraissent neuves ! », confie Antoine Droullours. Il reconnaît que les utilisateurs tentent souvent de vendre leurs biens sur des plateformes comme Leboncoin ou Vinted en premier lieu. « On n'a aucun problème avec ça, c'est normal. Tout ce que l'on veut, c'est éviter que ça finisse incinéré. »

Cette tendance au tri est confirmée par les chiffres de Leboncoin. La période estivale et pré-rentrée voit le nombre d'offres dans la catégorie équipements de sport et loisirs progresser de 20 % entre juillet et août, atteignant près de 18 000 annonces publiées quotidiennement. Les recherches augmentent également, de près de 6 %. Si l'équitation domine largement les demandes, suivie par l'escalade, le roller et le tennis, le football, pourtant le sport le plus pratiqué en France, ne se classe qu'en septième position.

Du côté des particuliers, le processus de séparation peut être émotionnellement complexe. Solène, une habituelle de L'Equipière à Rennes, a récemment débarrassé son salon d'un imposant ballon de grossesse bleu. « Mon conjoint n'en pouvait plus de voir mon gros ballon au milieu du salon », raconte-t-elle avec humour. Pour elle, le tri est aussi une question d'engagement écologique autant qu'économique. « C'est moins cher mais je le fais surtout par engagement écologique », précise cette maman qui a déjà acheté masques de plongée, lunettes de piscine et lycras dans la boutique.

Morgan, après une année en STAPS, a également dû se séparer de son matériel accumulé. « Au début, on se dit que ça peut toujours servir mais au bout d'un moment, tu te rends compte que tu ne le sors jamais », explique ce papa d'une adolescente. Sa compagne, Victoria, partage cette expérience. Bien qu'elle trouve parfois difficile de se séparer d'objets auxquels elle tient, elle a craqué pour une paire de rollers vintage à L'Equipière. « Je les trouve trop beaux », dit-elle en espérant les utiliser régulièrement.

Selon le dernier baromètre sport-santé d'Ipsos publié l'an dernier, les Français dépensent en moyenne 300 euros par an pour leurs fournitures sportives, majoritairement en achetant du neuf. Ce gaspillage financier et matériel contraste avec la réalité des placards français. Pour aider à trancher, Antoine Droullours propose une règle simple : « Si ça n'a pas servi dans l'année, c'est sans doute qu'il faut s'en séparer », glisse-t-il en souriant. La condition sine qua non, rappelée par tous les acteurs du secteur, est de ne pas jeter ces objets, mais de les redonner à la circulation.

L'enjeu est de taille pour l'environnement comme pour le pouvoir d'achat des ménages. En favorisant le réemploi, chaque particulier contribue à réduire les 100 000 tonnes annuelles de déchets sportifs tout en accédant à du matériel de qualité à moindre coût.

S.Moreno--LGdM