La Gaceta De Mexico - Manifestations en Inde : deux chefs des "cafards" placés en détention

Manifestations en Inde : deux chefs des "cafards" placés en détention
Manifestations en Inde : deux chefs des "cafards" placés en détention / Photo: © AFP

Manifestations en Inde : deux chefs des "cafards" placés en détention

Deux des jeunes chefs du mouvement indien des "cafards", à la pointe de la révolte contre la révision des listes électorales, ont été placés en détention mercredi, nouvel épisode du bras de fer engagé entre l'opposition et le Premier ministre Narendra Modi.

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Les deux hommes, Ashutosh Sanka, 30 ans, et Saurav Das, 27 ans, ont été incarcérés pendant au moins cinq jours pour, selon la police de New Delhi, des "tentatives répétées de perturber l'ordre public et de violer la loi".

Depuis plusieurs semaines, l'opposition et les "cafards" exigent la démission du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, soupçonné de favoriser les intérêts du gouvernement ultranationaliste hindou, au pouvoir en Inde depuis 2014.

La contestation a tourné à la fronde généralisée contre M. Modi, accusé de dérive autoritaire.

Samedi et dimanche, la police a procédé à des milliers d'arrestations - plus de 20.000 selon la presse locale - afin d'empêcher dans le centre de la capitale une manifestation non autorisée.

La police interdit depuis tout rassemblement sur l'esplanade de Jantar Mantar, point de ralliement historique des contestations à Delhi.

Mardi matin, plusieurs membres du Parti du peuple des cafards (CJP), dont MM. Sanka et Das, ont pénétré quelques minutes sur le site avant d'être interpellés.

Une vidéo les montre en train d'escalader les barrières jaunes qui encerclent le site et courir en agitant un drapeau indien, avant d'être interpellés.

- "Ne pas baisser la tête" -

Les deux jeunes gens avaient déjà été arrêtés samedi à l'aéroport de New Delhi, en même temps que le fondateur de leur mouvement, Abhijeet Dipke, avant la manifestation à laquelle ils avaient appelé.

Les trois hommes avaient été remis en liberté vingt-quatre heures plus tard par un juge, "à la condition qu'ils ne troublent pas l'ordre public pendant un an", selon leur avocate, Ratna Singh.

MM. Sanka et Das "ont montré à tout le pays que la seule façon de défier une brute comme Modi est de ne jamais baisser la tête, quoi qu'il en coûte", a salué mercredi M. Dipke sur X. Il a appelé ses partisans à se réunir une nouvelle fois vendredi au centre de Delhi.

Créé en mai dernier en ligne, le CJP s'est imposé depuis en porte-parole des colères des étudiants et de la jeunesse contre le gouvernement.

Il a été rejoint par une large partie de l'opposition, qui dénonce la "dictature" de M. Modi.

"Agiter le drapeau tricolore à Jantar Mantar est une manifestation pacifique, pas un crime", a réagi l'élu du parti du Congrès Rahul Gandhi, "mettre des jeunes derrière les barreaux est un acte de lâcheté".

Le chef de l'opposition parlementaire a aussi répété ses accusations de brutalité contre la police.

- "Supercheries" -

"Ils m'ont frappée (sur la bouche) et au visage ici (...) je les ai implorés d'arrêter mais ils m'ont donné des coups de pieds dans le bas-ventre, le dos. Comme si je n'étais pas un humain", a témoigné à ses côtés devant la presse une manifestante interpellée, Arira.

"Le gouvernement de Modi ferait mieux de traiter les inquiétudes sur le droit de vote et l'honnêteté des élections plutôt que jeter des jeunes en prison", a commenté l'ONG Human Rights Watch.

A l'initiative du parti du Congrès, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé lundi dans la capitale pour déposer à la Cour suprême une requête en annulation de la révision des listes électorales.

Lancée l'an dernier pour en supprimer les doublons, les défunts et les fraudeurs, cette opération a permis, selon les médias, de rayer 130 millions d'inscrits.

Elle est soupçonnée par ses détracteurs de viser en priorité les minorités, notamment les musulmans, pour le plus grand bénéfice du Bharatiya Janata Party (BJP) de M. Modi, jetant ainsi le doute sur ses récentes victoires dans des élections locales.

Redouté bras droit de M. Modi, le ministre de l'Intérieur Amit Shah a justifié la révision électorale par la nécessité d'en écarter les "infiltrés", terme par lequel il désigne les citoyens étrangers.

"La population du pays l'a bien compris, elle ne croit pas à vos supercheries", a-t-il lancé mardi à Rahul Gandhi. "La majorité va remporter une éclatante victoire lors des législatives de 2029, et le Congrès va perdre pour la quatrième fois".

X.Rivera--LGdM