La Gaceta De Mexico - Réveil enthousiaste des premiers voyageurs du nouveau train couchette Paris-Berlin

Réveil enthousiaste des premiers voyageurs du nouveau train couchette Paris-Berlin
Réveil enthousiaste des premiers voyageurs du nouveau train couchette Paris-Berlin / Photo: © AFP

Réveil enthousiaste des premiers voyageurs du nouveau train couchette Paris-Berlin

Plus écolo que l'avion et jugé "confortable", le train de nuit Paris-Berlin a fait son grand retour, séduisant les premiers voyageurs arrivés dans la capitale allemande vendredi matin.

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Parmi eux, Victor Falzon, un Français de 25 ans, rêvait de visiter Berlin mais hésitait à prendre l'avion pour des raisons écologiques, raconte-t-il à l'AFP sur le quai, débarqué du train peu après 9 heures (8H00 GMT).

"Quand on a vu qu'une ligne s'ouvrait, on s'est dit que c'était le moment!", explique ce féru de trains qui a fait le voyage avec sa bande d'amis étudiants en médecine.

Ils ont profité du premier trajet de la nouvelle ligne relancée sans subvention publique par la compagnie néerlando-belge European Sleeper, fondée en 2021.

Ce nouveau service, entièrement privé, vient en partie pallier la disparition des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne qui avaient été brièvement relancés fin 2023 en grande pompe par les compagnies française SNCF, allemande Deutsche Bahn et autrichienne OBB.

La ligne avait été interrompue en décembre 2024 après que le gouvernement français a cessé d'octroyer une subvention de 10 millions d'euros indispensable à sa viabilité économique.

- Itinéraire plus rentable -

Le projet a été accueilli par un large soutien du public, qui avait organisé des manifestations en pyjama contre l'arrêt du précédent service dans plusieurs gares européennes.

Pendant le trajet de Victor, "dès qu'on arrivait dans une gare, on nous attendait avec des drapeaux", raconte l'étudiant amusé.

Avec les paysages qui défilaient et l'excitation du voyage, ses amis et lui ont eu "du mal à s'endormir" dans leur cabine de cinq, "un peu serrés, mais c'est l'ambiance du train!"

"C'était confortable et simple", assure Ulrike Jendrezok, 55 ans, qui rentre chez elle en Allemagne après un séjour à Paris avec ses deux enfants.

"On a diné, discuté et joué, puis fait les lits tard dans la nuit, et on a bien dormi", raconte cette médecin, qui s'était précipitée sur la billetterie dès son ouverture pour son tout premier trajet en train de nuit.

En basse saison, les tarifs en aller simple commencent à 39,99 euros pour une place assise, et à 59,99 euros pour une couchette.

Au pic de fréquentation cet été, le train roulera avec 14 wagons, pour transporter jusqu'à 700 passagers par voyage.

La liaison de la SNCF passait par Strasbourg. En optant pour un itinéraire passant par Bruxelles, European Sleeper estime qu'il pourra mieux rentabiliser son exploitation.

"Il n'y avait tout simplement pas autant de demande" qu'en passant par la capitale belge, explique l'un des deux cofondateurs de la compagnie, Chris Engelsman.

Le train n'est plus seulement l'option la plus durable sur le plan environnemental mais aussi "sur le plan énergétique", défend-il, alors que la guerre au Moyen-Orient a provoqué une hausse des prix des carburants dans le monde.

- Investissement participatif -

Le transporteur ferroviaire est financé par une communauté de plus de 6.000 copropriétaires, à partir de 160 euros l'action, et espère devenir rentable fin 2026, a ajoute M. Engelsman.

Parmi les investisseurs, Zoë Falk, une Britannique de 54 ans, a fait le voyage depuis Oxford grâce à l'Eurostar, pour inaugurer la nouvelle ligne Paris-Berlin, munie de son vélo pliable.

Elle compte profiter des lieux historiques et des "nombreux restaurants végétariens" que propose Berlin.

European Sleeper relie déjà Bruxelles, Rotterdam, Amsterdam, Berlin, Dresde et Prague, trois fois par semaine.

Les billets pour une troisième ligne Bruxelles-Cologne-Milan sont déjà ouverts à la réservation.

Et dans les cartons, un projet Bruxelles-Barcelone, qui ne devrait pas passer par Paris, mais "probablement par Avignon, Montpellier et Perpignan", estime M. Engelsman.

T.Salinas--LGdM