La Gaceta De Mexico - Le cœur de la Voie lactée photographié comme jamais grâce à Euclid

Le cœur de la Voie lactée photographié comme jamais grâce à Euclid
Le cœur de la Voie lactée photographié comme jamais grâce à Euclid / Photo: © EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP

Le cœur de la Voie lactée photographié comme jamais grâce à Euclid

60 millions d'étoiles et une qualité d'image encore jamais vue sur une si vaste région du ciel: l'Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé mercredi le cœur de la Voie lactée, qui doit permettre d'identifier de nouvelles exoplanètes.

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"Notre galaxie, la Voie Lactée, est un disque, c'est une galaxie spirale. Et au centre de cette galaxie spirale, se trouve le bulbe, une grosse bulle comptant des milliards d'étoiles", explique à l'AFP l'astronome du CEA Jean-Charles Cuillandre, qui collabore à la mission Euclid de l'ESA.

Le 23 mars 2025, ce télescope spatial européen - surnommé "le détective de l'Univers sombre" - en orbite à 1,5 million de kilomètres, a tourné sa visée vers le disque de notre galaxie et son cœur brillant.

"L'industrie européenne a produit une merveille de technologie. On a créé un télescope qui était principalement conçu pour traquer l'Univers sombre, la matière noire, en observant des galaxies extrêmement lointaines et peu lumineuses. Et là, on a décidé de pointer Euclid sur la zone la plus brillante du ciel. Et ça marche superbement, c'est extraordinaire", s'enthousiasme l'astronome.

L'image obtenue est en effet fascinante. On croirait voir des peintures pariétales, ou encore des minerais d'or.

- Coloriser -

Euclid a capturé cette immense image en à peine 26 heures. C'est une mosaïque composée de neuf champs, chacun comptant 16 méga images monochrome (noir et blanc).

Jean-Charles Cuillandre s'est donc attaché à enrichir en couleurs les données fournies par Euclid grâce à de nouvelles observations obtenues avec la caméra MegaCam construite par le CEA et montée sur le télescope au sol Canada-France-Hawaï (CFHT).

"Grâce à MegaCam, on perçoit ici les vraies couleurs du ciel", souligne l'astronome.

Reste maintenant à exploiter ce nouveau matériel.

"Ce travail est motivé avant tout par la science. On n'a pas fait ça juste pour produire une belle image", rappelle Jean-Charles Cuillandre.

Les données récoltées ont déjà permis de revisiter des phénomènes connus dans cette zone, notamment des exoplanètes (c'est-à-dire des planètes hors du Système solaire). Des observations qui sont enrichies grâce à de futures collaborations scientifiques internationales.

Fin avril, la Nasa a dévoilé son nouveau télescope spatial Nancy Grace Roman pensé pour balayer de larges portions de l'Univers à la recherche d'exoplanètes mais aussi de réponses aux grands mystères physiques que constituent la matière et l'énergie noires, dont on ne connaît pas l'origine mais que l'on pense représenter 95% de notre Univers. Il devrait être envoyé dans l'espace au plus tôt début septembre.

- Microlentillage -

Concrètement, l'image obtenue par Euclid va permettre de découvrir de nouvelles exoplanètes, et de mesurer leur masse en exploitant les variations de lumière stellaire au fil du temps, le microlentillage gravitationnel.

Le microlentillage repose sur l'alignement fortuit de deux étoiles par rapport à un observateur. Lorsqu'une étoile passe devant une autre, l'étoile la plus proche agit comme une loupe cosmique, déviant et amplifiant la lumière de l'étoile en arrière-plan. Si une planète orbite autour de l'étoile la plus proche, sa gravité dévie également cette lumière, de manière légèrement irrégulière. C'est cette infime variation supplémentaire de luminosité qui permet de révéler la présence d'une planète, explique l'ESA dans un communiqué.

Au cours des vingt dernières années, près de 300 exoplanètes ont été découvertes grâce à cette technique, toutes à l'aide de télescopes terrestres et toutes situées vers le centre de notre galaxie. "Cette image d'Euclid comprend 51 systèmes planétaires connus - et elle permettra d'étudier bien d'autres encore qui seront découverts", conclut Jean-Philippe Beaulieu, de l'Institut d'astrophysique de Paris et de l'université de Tasmanie, en Australie, dans le communiqué de l'ESA.

L.Navarro--LGdM