Australie: sites pornographiques et chatbot IA tenus de filtrer les mineurs
L'autorité australienne de régulation d'internet eSafety a averti que les sites pornographiques, moteurs de recherches ou chatbot IA devront bloquer l'accès aux moins de 18 ans à compter de lundi, en vertu de nouvelles restrictions visant à protéger les enfants.
"En cas de manquement ou de retard, nous demanderons des comptes aux entreprises", a prévenu Julie Inman Grant, commissaire à la sécurité en ligne d'Australie, citée dans le communiqué d'eSafety vendredi.
Les sites pornographiques, moteurs de recherche, boutiques d'applications, fournisseurs de jeux et logiciels d'intelligence artificielle (IA) générative, y compris les chatbots (logiciels simulant un dialogue avec l'internaute, et donc capables de tenir des conversations sexuellement explicites) seront obligés d'avoir recours à une technologie de vérification d'âge "exacte, robuste et fiable" pour filtrer les utilisateurs mineurs, indique eSafety, sans préciser par quel moyen vérifier.
Quelques jours avant cette obligation, certains de ces sites australiens ont déjà interdit l'accès aux non-membres et refusent de nouvelles inscriptions vendredi.
Les sites non-conformes encourront jusqu'à 49,5 millions de dollars australiens (28,5 millions d'euros) de pénalités.
Ces règles viennent renforcer les mesures de sécurité en ligne pour les enfants en Australie, après l'entrée en vigueur dans le pays le 10 décembre d'une loi interdisant aux moins de 16 ans d'utiliser de nombreux réseaux sociaux comme Snapchat, TikTok, Facebook ou Instagram. Ces entreprises doivent appliquer l'interdiction en Australie, sous peine d'amendes.
Canberra se veut précurseur dans la limitation pour les enfants d'accès aux contenus inappropriés, tels que la pornographie, la violence, le suicide ou les troubles alimentaires.
"Les utilisateurs devront confirmer leur âge lorsqu'ils accéderont à des contenus soumis à une restriction d'âge sur les sites web (...) pornographiques", souhaite ainsi eSafety, assurant que "cliquer sur un bouton +J'ai 18 ans ou plus+ ne sera plus suffisant".
En plus de la vérification d'âge, les personnes utilisant un moteur de recherche sans être connectées (à un compte Google, par exemple) verront les résultats contenant de la pornographie et des scènes de violence choquantes floutés par défaut.
Pour les internautes effectuant des recherches liées au suicide ou aux troubles alimentaires, les premiers résultats renverront vers des services d'aide psychologique.
"Aucune réglementation ne peut éliminer tous les risques et tous les dangers d'un seul coup, mais ces règles créent des protections significatives pour les enfants dans l'ensemble de l'écosystème technologique", défend Mme Inman Grant.
T.Salinas--LGdM