La Gaceta De Mexico - Incendies en Gironde: "moins de foyers actifs" mais la chaleur menace

Incendies en Gironde: "moins de foyers actifs" mais la chaleur menace
Incendies en Gironde: "moins de foyers actifs" mais la chaleur menace / Photo: © AFP

Incendies en Gironde: "moins de foyers actifs" mais la chaleur menace

L'incendie massif aux portes de Bordeaux compte "moins de foyers actifs" sur les 42.000 hectares de surface brûlée, mais il n'est toujours pas stabilisé et les autorités redoutent que cette "accalmie" ne soit que "provisoire" avec l'arrivée mardi d'une vague de chaleur.

Taille du texte:

"On ne peut pas dire que le feu est stabilisé", même si "on a moins de foyers actifs qu'hier", dimanche, a déclaré à l'AFP le capitaine Wilfried Schneider, officier communication du Sdis 33 (service départemental de secours et d'incendie).

"On a stabilisé une situation qui était complètement instable, mais on n'est toujours pas maîtres du feu", a-t-il ajouté alors qu'un peu plus tôt la préfecture de la Gironde a fait état d'une situation "restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler".

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron devait présider à 10H00 une "cellule interministérielle de crise" au ministère de l'Intérieur consacrée aux incendies, avant d'autres réunions sur les secteurs économiques touchés.

Météo-France prévoit une probable vague de chaleur depuis le Sud-Ouest à partir de mardi, avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"Toutes les conditions sont réunies pour une reprise de l'incendie", a dit à l'AFP lundi matin Philippe de Gonneville, maire de Lège-Cap-Ferret, dont la commune a été frappée dès le début de l'incendie, disant s'attendre à une "accalmie provisoire".

Sur les routes comme la D106 menant de St-Jean-d'Illac, à 18 km du centre de Bordeaux, jusqu'à Lège-Cap Ferret, on longe des dizaines de kilomètres de forêt calcinée et encore fumante. Avec des pompiers à pied, outils en main, s'affairant autour de quelques fumerolles. Et après Blagon, plusieurs maisons détruites dont il ne reste parfois que quelques tranches de vie: une brouette ou un toboggan d'enfants au milieu des carcasses d'habitations.

 

L'incendie, qui n'était plus qu'à quelques kilomètres de la localité, "s'est vraiment calmé cette nuit", mais "il peut repartir à tout moment", explique un pompier girondin, sous couvert d'anonymat, depuis un collège où des dizaines de ses collègues aux traits tirés et yeux fatigués sont postés dans le réfectoire pour un petit-déjeuner.

- Colos suspendues -

Au total, 115.000 hectares ont été parcourus par les incendies en France depuis le début de l'année, une situation "exceptionnelle", a indiqué dimanche le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur France 2.

L'incendie qui a embrasé le pourtour du bassin d'Arcachon en Gironde a entraîné l'évacuation de 220.000 personnes, une opération d'une ampleur inédite, tout comme celle de plus de 13.000 entreprises, comme l'a indiqué le ministre de l'Economie Roland Lescure lundi matin.

Ce dernier a annoncé que les assureurs prendront en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var. Une mesure exceptionnelle, négociée avec la fédération France Assureurs, qui s'appliquera pour une durée allant jusqu'à trois semaines, que les logements aient été endommagés ou non.

Pour autant, le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade en Gironde, avait prévenu la préfète Sophie Brocas dimanche, incitant les touristes "à ne pas rejoindre" le département.

Les activités des colonies de vacances sont par ailleurs suspendues dans ce département touristique, a-t-elle ensuite annoncé tôt lundi.

L'évacuation de Bordeaux "n'est pas à l'ordre du jour", avait réaffirmé dimanche à la mi-journée son maire Thomas Cazenave, mais le seuil d'alerte aux particules fines y a été dépassé, tout comme dans trois autres départements voisins.

"On a les fumées, mais c'est tout", Bordeaux est "un refuge", a confié à l'AFP Carole Chalel, après avoir été évacuée de Marcheprime.

Cette commune est située à proximité de l'A63, fermée par les autorités entre Bordeaux et le Pays basque, et des rails desservant le sud de la ville, sur lesquelles le trafic SNCF est interrompu.

- "Solidarité" -

 

Des centaines de personnes ont été évacuées en urgence de plusieurs établissements médico-sociaux.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises mais aussi à des agriculteurs et des particuliers bénévoles pour prêter main-forte sur le terrain.

Juste au sud, dans les Landes, l'incendie de Biscarrosse était dimanche "mieux contenu mais pas fixé", après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments. Quelque 8.000 personnes évacuées sur 30.000 ont été autorisées à rentrer chez elles, a indiqué le préfet des Landes Gilles Clavreul.

Ses services ont fait état lundi matin d'une "nuit plutôt calme", avec "un peu de pluie". Et surtout "avec beaucoup de prudence quant à l’évolution des conditions météorologiques, d'une situation favorable".

Dans le Var, où 2.000 personnes ont été évacuées, l'incendie est "contenu" malgré des reprises attisées par le mistral, après avoir parcouru 4.500 hectares, selon les pompiers. D'autres feux sont en cours en Corse et dans les Hautes-Alpes.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

cas-al-mk-juc-tmn-tsq-jed/pcl/asm

D.F. Felan--LGdM