La Gaceta De Mexico - Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir

Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir
Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir / Photo: © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir

Kevin Warsh va mercredi prendre la parole après avoir présidé sa première réunion de politique monétaire qui n'a abouti sur aucun changement en matière de taux d'intérêt mais montré que ses collègues étaient prêts à combattre l'emballement inflationniste.

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Désigné par Donald Trump, qui attend avec ferveur des taux d'intérêt plus bas, M. Warsh donne une conférence de presse à partir de 18H30 GMT.

Sa première réunion en tant que président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a livré le résultat auquel les investisseurs s'attendaient: un statu quo monétaire, le quatrième d'affilée.

Les taux de la Fed, qui guident les coûts d'emprunt aux Etats-Unis et ont une grande influence sur les marchés financiers mondiaux, sont compris entre 3,50% et 3,75% depuis décembre.

La décision sur les taux a été prise à l'unanimité des douze votants, ce qui n'était pas arrivé depuis un an.

La surprise vient d'ailleurs: les responsables monétaires américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu'un resserrement monétaire pourrait intervenir d'ici à la fin de l'année.

Selon la médiane de leurs projections, les taux pourraient être logés entre 3,75% et 4%, soit un cran plus haut qu'aujourd'hui. C'est un net changement de ton. Ils envisageaient encore une baisse des taux en mars.

Depuis, l'inflation a bondi au plus haut depuis trois ans aux Etats-Unis, en grande partie du fait du choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient.

Les observateurs espèrent qu'elle refluera dès que le détroit d'Ormuz rouvrira dans le cadre du protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

- L'inflation revient -

En attendant, les responsables monétaires ont largement revu leurs prévisions économiques.

Les banquiers centraux américains s'attendent à voir les prix augmenter de 3,6% sur un an fin 2026, selon une médiane de leurs prévisions, contre 2,7% dans une projection datant de mars.

Ils prévoient que le produit intérieur brut (PIB) progressera de 2,2% (contre 2,4% projeté en mars). Ils sont moins inquiets pour l'emploi, avec un taux de chômage limité à 4,3% (contre 4,4%).

Fait notable: Kevin Warsh semble s'être abstenu de donner ses propres prévisions, selon les documents communiqués par l'institution, conformément à des déclarations antérieures montrant qu'il juge cet exercice de prédiction inutile, voire contre-productif.

Selon lui, les responsables tendent à se sentir liés par ces projections, ce qui est susceptible de freiner leur réactivité quand les conditions économiques changent.

Les marchés financiers sont eux plutôt gourmands de ce genre d'informations. C'est un premier marqueur du "changement de régime" que Kevin Warsh souhaite engager dans l'institution.

Le communiqué final de la Fed est d'ailleurs plus succinct que sous son prédécesseur Jerome Powell.

M. Warsh trouve que la Fed communique trop et qu'elle occupe une place disproportionnée dans l'économie via le volume d'actifs qu'elle détient. En terme de politique monétaire stricto sensu, les investisseurs peinent à le situer.

Ils essaient "de comprendre s'il est un faucon ou une colombe, ou pire, un faucon déguisé en colombe", a dit à l'AFP Steve Sosnick, analyste pour Interactive Brokers.

Dans le jargon des banques centrales, les "faucons" sont focalisés sur la lutte contre l'inflation et plus enclins à relever les taux, et les "colombes" davantage promptes à soutenir la croissance via des taux bas.

Kevin Warsh, qui a été l'un des gouverneurs de la Fed pendant la crise financière de 2008, a longtemps été considéré comme un "faucon", avant de se montrer plus souple pendant sa campagne pour la présidence de l'institution.

"Cela me fait penser qu'il est une figure plus politique par rapport à ceux qui ont présidé la Fed avant lui, (...) que ses vues pourraient changer en fonction de l'environnement politique", a estimé auprès de l'AFP Pao-Lin Tien, qui enseigne l'économie à l'université George Washington, dans la capitale américaine.

Le mandat de M. Warsh à la tête de la Fed court jusqu'en mai 2030. Donald Trump aura entretemps dû céder sa place à la Maison Blanche.

E.Dorame--LGdM