Présidentielle au Pérou: le candidat d'extrême droite offre une récompense pour des preuves de fraude
Le candidat d'extrême droite à la présidentielle au Pérou, Rafael Lopez Aliaga, offre jeudi une récompense de 5.800 dollars pour toute information sur d'éventuelles irrégularités ou fraudes, alors que le dépouillement se poursuit.
L'ancien maire de Lima et admirateur de Donald Trump est au coude-à-coude dans le décompte pour la deuxième place qualificative pour un second tour le 7 juin face à la favorite Keiko Fujimori.
Dans un message publié sur son compte X, il appelle les employés des autorités électorales ou d'entreprises liées au processus à fournir des informations "vérifiées et avérées" sur d'éventuels cas de fraude ou de sabotage, affirmant que "le Pérou mérite des élections transparentes".
L'homme d'affaires de 65 ans fournit une adresse électronique, garantissant "la confidentialité et l'anonymat".
Mardi, il a rassemblé des centaines de partisans à Lima et donné "24 heures" aux autorités pour annuler l'élection, qu'il qualifie de "fraude".
Avec près de 93% des procès-verbaux dépouillés, la candidate de droite Keiko Fujimori arrive en tête avec environ 17% des voix.
La deuxième place reste disputée entre le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez et Rafael Lopez Aliaga, crédités chacun d'environ 11,9%, Sanchez conservant un avantage de quelque 9.200 voix.
Les autorités électorales n'avaient pas réagi dans l'immédiat.
Le vote a été marqué par des retards dans l'acheminement du matériel électoral, empêchant plus de 50.000 électeurs de voter dimanche et entraînant la prolongation du scrutin d'une journée.
Malgré les tensions, Keiko Fujimori et Roberto Sanchez ont appelé mercredi au respect des résultats.
Reconnaissant de "graves dysfonctionnements", la mission d'observation de l'Union européenne a toutefois affirmé n'avoir relevé "aucun élément objectif" de fraude.
Le dépouillement ralentit, la majorité des procès-verbaux restants ayant été contestés. Le Jury national électoral (JNE) doit encore statuer sur environ 5.200 d'entre eux, représentant des centaines de milliers de voix.
"Il pourrait falloir quelques semaines pour connaître les résultats définitifs", a déclaré à la radio RPP Alvaro Henzler, président de l'ONG Transparencia.
Plus de 27 millions d'électeurs étaient appelés à voter lors de ce scrutin obligatoire, avec le retour à un Parlement bicaméral inédit depuis 1990.
Dans un pays marqué par une instabilité politique chronique, avec huit présidents en dix ans, le scrutin se déroule dans un climat de profonde défiance. Le prochain président doit être investi le 28 juillet.
S.Lopez--LGdM