Iran: les ex-détenus Cécile Kohler et Jacques Paris bientôt de retour en France
Ils étaient les deux derniers Français retenus en Iran: Cécile Kohler et Jacques Paris ont pu quitter mardi le territoire de la République islamique, après cinq mois d'assignation à résidence à l'ambassade de France à Téhéran suivant plus de trois ans et demi de détention.
"Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran", a annoncé mardi le président français Emmanuel Macron.
"C'est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles. Merci aux autorités omanaises pour leurs efforts de médiation, aux services de l'État et aux citoyens qui se sont mobilisés sans relâche et ont ainsi contribué à leur retour", a-t-il ajouté sur X.
Le chef de l'Etat a pu parler aux , d'après son entourage.
L'entourage du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a indiqué à l'AFP que les deux ex-détenus avaient quitté l'Iran mardi "à l'aube" avec l'ambassadeur de France en Iran et sous convoi diplomatique. En milieu d'après-midi, heure de Paris, ils étaient en Azerbaïdjan, a précisé la même source.
Le Quai d'Orsay est en train d'organiser leur retour en France depuis ce pays, a-t-on également ajouté.
Ils sont "définitivement LIBRES!", a déclaré Jean-Noël Barrot sur X. "Au téléphone il y a quelques instants, ils m'ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches", a-t-il ajouté.
Professeure de lettres de 41 ans et enseignant retraité de 72 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran.
Ils avaient été condamnés en octobre 2025 à respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage, avant d'être remis en liberté le 4 novembre dernier mais avec l'interdiction de quitter la République islamique iranienne.
La diplomatie française avait estimé leur détention arbitraire, dénonçant leurs conditions de détention assimilable à de "la torture".
Les différents ministres français des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte rendu encore plus difficile ces dernières semaines par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février.
Pour la France, le temps pressait alors que le président américain Donald Trump a lancé mardi un nouvel avertissement envers Téhéran à quelques heures de l'expiration de son ultimatum, menaçant le pays d'un anéantissement total.
Jean-Noël Barrot avait fait savoir mardi sur France Info TV qu'il s'était entretenu dimanche avec son homologue Abbas Araghchi et qu'il avait l'espoir d'une libération.
- Echange -
Thierry Moser, avocat du comité de soutien de Cécile Kohler et Jacques Paris s'est dit "fou de joie" après l’annonce de leur libération.
"J'en ai les larmes aux yeux, j'ai presque du mal à en parler, tellement je suis fou de joie", a-t-il déclaré à l'AFP.
La classe politique a unanimement salué cette libération définitive.
"La France a montré un visage d'unité, de mobilisation sans faille pour obtenir cette libération", a ainsi déclaré la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
Des applaudissements ont retenti sur tous les bancs et l'ensemble des députés se sont levés dans l'hémicycle.
"Hourra ! Les otages français en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris sont dans un avion direction Paris. Félicitations aux équipes de la diplomatie française qui ont obtenu ce résultat", a lancé Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du parti radical de gauche La France insoumise.
L'Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, les accusant le plus souvent d'espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d'échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d'obtenir des gages politiques.
Dans le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris, un accord avait été annoncé par Téhéran pour les échanger contre une ressortissante iranienne condamnée en France.
Le Quai d'Orsay n'a pas précisé si cet échange a finalement eu lieu.
Au plus fort de la crise des otages d'Etat avec Paris, Téhéran a détenu jusqu'à sept ressortissants français simultanément.
bur-Dt-fff-pau/dab/gvy
X.Quintero--LGdM