Municipales: la gauche l'emporte à Paris, Lyon, Marseille mais les alliances avec LFI échouent
Les résultats du second tour des municipales dimanche semblent montrer un échec des alliances à gauche avec LFI, vaincues à Toulouse, Clermont-Ferrand et Limoges, et un résultat en demi-teinte pour le RN, battu à Toulon et Nîmes mais vainqueur dans plusieurs villes moyennes, alors que la gauche parvient à conserver Paris, Lyon et Marseille.
La fin de ces municipales a déjà donné un coup d'accélérateur en vue de la présidentielle prévue dans 13 mois, avec un des principaux candidats déclarés, Edouard Philippe, qui sort renforcé par sa réélection au Havre.
"Il y a des raisons d'espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu'ils écartent les extrêmes et leur facilité", a-t-il déclaré juste après 20H00.
Selon les premières estimations, les accords avec le mouvement de la gauche radicale ne se sont pas révélés payants dans plusieurs villes.
A Toulouse, comme à Limoges, le ralliement des listes socialistes au candidat LFI arrivé en tête au premier tour a échoué. Dans la ville rose, Jean-Luc Moudenc (DVD) a été réélu et à Limoges, c'est le candidat des Républicains Guillaume Guérin qui l'emporte.
A Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan a refusé d'emblée tout accord avec LFI et a été réélu dimanche, battant largement le candidat RN Franck Allisio.
A Poitiers, la sortante écologiste Léonore Moncond'huy, qui s'était alliée au parti de Jean-Luc Mélenchon, a été sèchement battue par le centriste Anthony Brottier, tandis que le PS s'était retiré pour contrer cette fusion. Même chose pour une autre édile de la vague verte de 2020, Anne Vignot à Besançon, bastion historique de la gauche, qui avait réuni toute la gauche mais s'incline face au candidat Les Républicains Ludovic Fagaut.
Egalement alliée à LFI, l'écologiste Jeanne Barseghian perd Strasbourg, reconquise par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann.
Seules réussites du ralliement à LFI, la maire sortante socialiste Johanna Rolland conserve Nantes face au candidat LR soutenu par le bloc central, et à Lyon, l'accord des Ecologistes avec LFI permet au maire sortant Grégory Doucet de conserver son siège.
- Grégoire distance Dati à Paris-
Les socialistes perdent plusieurs grandes villes mais sont en passe de se maintenir largement à Lille, Rennes et surtout Paris, où Emmanuel Grégoire distance Rachida Dati, selon les premières estimations.
Ce dernier était pourtant gêné sur sa gauche par le maintien de la candidate LFI Sophia Chikirou, alors que l'ancienne ministre de la Culture bénéficiait de la fusion avec la liste Horizons/Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, ainsi que du désistement de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo.
Le PS revendique aussi la victoire à Pau, ville de l'ancien Premier ministre François Bayrou, qui essuie un échec personnel majeur.
La droite tire son épingle du jeu, notamment là où les alliances à gauche n'ont pas convaincu. Ville socialiste, Clermont-Ferrand tombe dans l'escarcelle des républicains: Julien Bony l'emporte face à une liste menée par le maire socialiste sortant Olivier Bianchi qui avait fusionné avec LFI. Même Tulle, ville de François Hollande, où le même type d'alliance a été conclu, bascule à droite au détriment encore une fois du PS.
"La France Insoumise fait perdre", a constaté le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, tandis que l'Écologiste Marine Tondelier reconnaissait que "les partisans des gauches irréconciliables ont gagné".
"Une réalité s'impose: nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale", s'est à l'inverse réjoui le patron de LR Bruno Retailleau.
Sans perdre un instant, le chef des députés LR Laurent Wauquiez, a estimé que "le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027": "si on est divisés, il n'y aura pas de candidat de droite au second tour". Et Gérald Darmanin (Renaissance) a insisté pour qu'il n'y ait à la présidentielle qu'"un seul candidat de la droite et du centre" et peut-être même de la gauche républicaine.
- "Des dizaines" de communes RN -
A l'autre bout de l'échiquier, la députée du Rassemblement national Laure Lavalette, très proche de Marine Le Pen, n'a pas réussi son pari et échoue à Toulon face à la maire sortante divers droite Josée Massi.
A Nîmes également, le RN Julien Sanchez, en tête au premier tour, est battu par la liste d'union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget. Au grand dam du député RN Jean-Philippe Tanguy pour qui "le refus des fusions" de LR "a permis aux communistes de gagner un certain nombre de villes, et il y en aura d'autres ce soir".
Mais, s'est réjouie Marine Le Pen, le RN l'emporte dans des "dizaines" de communes, dont Carcassonne, Saint-Avold (Moselle), La Flèche (Sarthe) ou Menton.
Après Saint-Denis, deuxième ville d'Ile-de-France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d'une large avance dimanche dernier.
Comme la semaine dernière, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l'on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19. Elle s'affiche à environ 57% selon les institutions de sondage, même s'il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI.
Environ 17,1 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans 1.580 communes et secteurs, sur quelque 35.000, après l'élection dimanche dernier de nombreux conseils municipaux au premier tour.
R.Espinoza--LGdM