La Gaceta De Mexico - Brésil: pas de détention à domicile pour Bolsonaro, tranche la Cour suprême

Brésil: pas de détention à domicile pour Bolsonaro, tranche la Cour suprême
Brésil: pas de détention à domicile pour Bolsonaro, tranche la Cour suprême / Photo: © AFP/Archives

Brésil: pas de détention à domicile pour Bolsonaro, tranche la Cour suprême

La Cour suprême du Brésil a rejeté une demande d’assignation à résidence pour raisons de santé de l'ex-président Jair Bolsonaro, incarcéré pour une tentative de coup d'État, alors que ses avocats invoquaient une aggravation de son état.

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"Contrairement à ce qu'affirme la défense, l'état de santé de Jair Messias Bolsonaro ne s'est pas aggravé", a estimé le juge Alexandre de Moraes, dans le décision de la Cour publiée jeudi.

La défense de Jair Bolsonaro avait demandé mercredi à la Cour suprême brésilienne d'autoriser l'ancien président, âgé de 70 ans, à purger sa peine à domicile, invoquant un "risque concret d'aggravation soudaine" de son état de santé s'il retourne en prison.

Ses avocats ont effectué une nouvelle demande d'assignation à résidence alors que l'ancien chef de l'Etat d'extrême droite (2019-2022), condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat, est hospitalisé depuis le 24 décembre dans une clinique de Brasilia.

L'ancien président souffre des séquelles d'un attentat datant de 2018, quand il avait été poignardé à l'abdomen lors d'un bain de foule en pleine campagne électorale. Il a subi depuis plusieurs interventions chirurgicales lourdes.

- Sortie prévue jeudi -

En septembre, la Cour suprême du plus grand pays d'Amérique latine l'a reconnu coupable d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir "de façon autoritaire" après sa défaite lors de l'élection de 2022 face à l'actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva. Il est incarcéré depuis fin novembre.

Admis dans la clinique privée DF Star de Brasilia pour sa première sortie depuis qu'il a commencé à purger sa peine, l'ancien dirigeant a été opéré le jour de Noël de son hernie inguinale.

"Tout se passe bien au niveau post-opératoire, donc nous maintenons notre prévision de sortie" à jeudi, a déclaré le chirurgien Claudio Birolini lors d'une conférence de presse mercredi.

Il devra ensuite retourner dans la petite chambre où il purge sa peine, dans un siège de la police fédérale à Brasilia.

M. Bolsonaro a également subi ces derniers jours trois interventions médicales pour traiter des crises de hoquet dont il souffre depuis des mois, et décrites comme aiguës par ses soignants et sa famille.

Concrètement, ces interventions ont consisté en un blocage du nerf phrénique, qui contrôle le diaphragme, via l'injection d'un analgésique.

"Cela a permis de diminuer l'intensité de ces crises de hoquet, mais pas de les faire cesser", a expliqué le docteur Birolini.

Selon les avocats de l'ex-président, la situation a profondément changé depuis que la Cour suprême avait rejeté il y a quelques semaines une première demande d'assignation à résidence "humanitaire".

- "Sérieuses complications" -

Selon ses médecins, M. Bolsonaro souffre notamment d'une apnée du sommeil sévère, d'une gastrite et d'une oesophagite.

Le rapport médical accompagnant la demande adressée à la haute juridiction avertit que l'absence de soins appropriés pourrait provoquer de "sérieuses complications", citant entre autres des risques de pneumonie et d'accident vasculaire cérébral.

La défense s'appuie sur un précédent: condamné à plus de huit ans de réclusion pour corruption, l'ex-président Fernando Collor de Mello (1989-1992), 76 ans, a été autorisé en mai dernier à purger sa peine chez lui en raison de problèmes de santé et de son âge.

Les médecins de M. Bolsonaro ont aussi décrit l'état psychologique du leader du camp conservateur brésilien.

Son cardiologue, Brasil Caiado, a souligné que cet état "empire considérablement lorsqu'il souffre de crises de hoquet prolongées".

"Au vu du contexte, de tout ce qui lui arrive, il est déjà arrivé ici dans un état émotionnel plus déprimé", a-t-il cependant relevé.

Déjà inéligible avant son procès, M. Bolsonaro a toujours nié tout projet de coup d'Etat et crié à la "persécution politique".

Il a adoubé récemment depuis sa cellule son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2026. Il pourrait affronter Lula, qui ne fait pas mystère de son intention de briguer un quatrième mandat.

F.Maldonado--LGdM