Du Finistère à l'Hérault: la canicule s'étend à l'ouest, puis au nord
Du Finistère à l'Hérault, des Pyrénées-Orientales à la Manche: déjà installée sur le centre et le sud-est, la canicule s'étend mardi à une large partie ouest de la France, avant de gagner les deux tiers du pays mercredi.
Mardi à partir de midi, 43 départements seront placés en vigilance orange par Météo-France, qui va encore élargir le périmètre de ce seuil d'alerte mercredi au Sud-ouest et à Paris et sa petite couronne, soit 67 départements au total.
Trois départements des Pyrénées, ceux au nord d'une ligne allant du Calvados à l'Alsace, ainsi que la Lozère et la Haute-Loire, échapperont un peu aux fortes chaleurs.
"Les canicules ne s'arrêtent pas. A chaque fois, on pense que ça se termine et en fait ça revient", se lamente Ayse Gurbuz, 25 ans, étudiante en droit qui révise sur un banc ombragé de la place des Célestins, à Lyon.
"Je n'en peux plus. Je vis dans un petit studio dans lequel l'air ne circule pas, donc c'est très compliqué, vraiment dur", ajoute la jeune femme.
Mardi au lever du jour, le thermomètre affichait entre 13 et 14°C sur les Hauts-de-France et jusqu'à 27°C sur le rivage méditerranéen.
Et cela risque de durer. Un pic est attendu "vers le milieu de la semaine", après des maximales en hausse mardi: vers 35°C dans l'ouest et des pointes de 38 à 39°C sur le pourtour méditerranéen, selon Météo-France, puis des maximales de 36 à 39°C mercredi dans les départements en vigilance orange. Lundi dans le Var, le mercure a dépassé les 40°C aux Arcs, à Cogolin ou encore à Vidauban.
Il ne s'agit pas d'une "nouvelle" canicule à proprement parler, précise l'agence, mais plutôt de la suite de la troisième vague de chaleur qui a démarré le 28 juillet et ne s'est toujours pas arrêtée, au moins dans le sud-est. Mais elle s'amplifie et gagne une plus grande partie du pays.
Avant les trois canicules, un premier épisode de fortes chaleurs particulièrement précoce avait touché le pays à la fin mai.
"J'habite dans un immeuble historique donc sans volets, alors c'est vraiment dur. Et ça ne s'arrête pas", témoigne Maya Santiago, 36 ans, aide-soignante qui lit un livre à l'ombre des arbres dans le centre de Lyon écrasé de chaleur.
- Fleuves et réserves à sec -
Sahel, Amérique latine, France et Espagne : plusieurs régions du monde, peuplées au total de quelque 900 millions de personnes, ont connu en 2026 leur mois de juillet le plus chaud, d'après les calculs de l'AFP à partir des données de l'observatoire européen du changement climatique Copernicus.
En France, sur les 54 vagues de chaleur connues depuis 1947, deux tiers se sont produites au XXIe siècle et la moitié depuis 2010.
Exaspérant une population à bout, les canicules à répétition exacerbent également le risque incendies. Au moins 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, même si la situation semble se calmer sur ce front.
Dans la Drôme, le feu "progresse peu même s'il reste actif", après avoir brûlé environ 400 hectares, selon la préfecture.
La Gironde, où un mégafeu a été fixé après avoir brûlé 42.000 hectares, est cependant repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt.
La sécheresse est elle aussi à des niveaux records. Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national.
La vaste majorité du Rhin et de la Tamise, quelque deux tiers du Danube et de longs tronçons du Rhône et du Pô ont atteint des débits d'une faiblesse inédite en moyenne pour un mois de juillet en 34 ans de mesures, selon une analyse des données publiées lundi par Copernicus.
Près de 70% de la France fait ainsi actuellement l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, selon le gouvernement.
D.Ancira--LGdM