Canicule : 80 départements en vigilance orange, les pompiers déçus par Beauvau
La canicule, l'une des plus longues connues par la France, sévit jeudi sur la quasi-totalité du territoire avec 80 départements placés en vigilance orange et un risque d'incendie élevé, tandis que les pompiers ressortent "très déçus" après leur rencontre avec le ministre de l'Intérieur.
Cette vague de chaleur, débutée le 28 juillet, dépasse désormais en durée celle de 2003, avec 17 jours de fortes chaleurs sur le pays, a annoncé jeudi à l'AFP Météo-France.
Il s'agit donc à ce stade de la troisième vague de chaleur la plus longue jamais enregistrée dans le pays, après celles de juillet 2006 (21 jours) et de juillet 1983 (23 jours).
A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en vigilance orange.
A partir de vendredi, les températures caniculaires "se décaleront progressivement un peu plus vers l'est", selon Météo-France, ce qui permettra d'amorcer "une baisse progressive des températures sur le nord-ouest du pays".
Ainsi, Finistère, Côtes-d'Armor, Manche et Calvados repasseront en vert vendredi matin.
"Ici, ce n’est pas une vague de chaleur, c’est un tunnel depuis le début de l’été. Le plus difficile ce sont les nuits qui rafraîchissent si peu", réagit Ophélie Leroux, 23 ans, en sortant d'une boulangerie marseillaise.
"On ne bouge quasiment pas, on ne fait pas autant de choses que d’habitude", s'inquiète Sophie Berry, 57 ans, à La Rochelle. "On ne va pas à la plage ni à la piscine avant 16h00 ou 17h00. Tout devient un effort, on vit au ralenti."
- Mobilisation des pompiers -
Conséquence directe de la canicule et de la sécheresse: les feux d'espaces naturels.
A Saint-Just (Ille-et-Vilaine), au sud de Rennes, un incendie a parcouru 200 hectares. Il ne progresse plus jeudi en début d'après-midi, selon la préfecture, après l'intervention de moyens aériens et notamment treize largages par hélicoptère.
Un avion bombardier d'eau Dash est aussi intervenu jeudi dans le Pas-de-Calais, une première dans le département.
Plusieurs incendies touchent une zone naturelle remarquable et touristique du littoral dans les communes de Neufchâtel-Hardelot et Dannes. La superficie brûlée, 180 hectares, n'a pas évolué depuis mercredi soir, mais le feu n'est toujours pas fixé.
Autre conséquence des fortes chaleurs : un épisode persistant de pollution à l’ozone dans le Nord et le Pas-de-Calais entraîne une réduction de 20 km/h sur les autoroutes et voies rapides dans ces deux départements à partir de jeudi 18H00 et sur l’ensemble de la journée de vendredi, a annoncé la préfecture de région. D’autres restrictions d’usage seront en vigueur vendredi pour les secteurs résidentiels, industriels et agricoles.
A Paris, la rencontre entre les neuf syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, et Laurent Nuñez, n'a pas calmé la grogne.
Les pompiers se sont dit "très déçus" par les promesses du ministre de l'Intérieur, "pas au rendez-vous", selon eux.
"Nous n'avons aucune affirmation ni sur le financement, ni sur la stratégie de financement, ni sur le contenu du projet de loi" de modernisation de la Sécurité civile promis par Beauvau début septembre, a déploré à la sortie de la rencontre Xavier Boy, porte-parole de l'intersyndicale, qui dénonce notamment des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne" et des "équipements vieillissants".
L'intersyndicale a appelé à une mobilisation nationale fin septembre à Paris.
Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.
Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.
M.Pacheco--LGdM