Les Bourses mondiales attentistes avant l'inflation américaine, surveillent le pétrole
Les Bourses mondiales sont restées prudentes mardi, dans l'attente de publications clés sur l'inflation aux Etats-Unis, les investisseurs continuant par ailleurs de scruter la situation au Moyen-Orient et la volatilité des cours du pétrole.
A New York, le Dow Jones a perdu 0,34%, l'indice Nasdaq 0,60% et l'indice élargi S&P 500 0,32%.
En Europe, Paris (-0,13%) et Londres (-0,17%) ont terminé en baisse, quand Francfort (+0,26%) et Milan (+0,08%) ont légèrement progressé.
"C'est une journée sous le signe de l'attentisme", résume auprès de l'AFP Sam Stovall, analyste de CFRA.
Les Bourses mondiales retiennent leur souffle à la veille de la publication de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour le mois de juillet. Son équivalent côté production (PPI) sera lui publié jeudi.
Une inflation inférieure aux attentes conforterait l'hypothèse d'un statu quo lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'autant que le marché du travail - l'autre mandat de l'institution - a montré des signes de faiblesse ces derniers mois.
"La recrudescence des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran augmente toutefois le risque que la lutte contre l'inflation soit un processus plus lent que prévu", souligne Sara Godfrey, d'Oxford Economics.
"Le marché considère en ce début de semaine qu'il y a seulement 23% de chances pour un statu quo de la Fed sur ses taux d'ici la fin d'année et donc 77% de chances qu'elle relève ses taux", d'après Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
La hausse des taux est de nature à peser sur les capacités d'emprunt des entreprises et rend le rendement des obligations plus rémunératrices, ce qui incite les investisseurs à vendre certains actifs, comme les actions, pour acheter davantage d'obligations. Les indices boursiers pourraient subir ce contrecoup.
Dans ce contexte, les bons du Trésor américain à échéance 10 ans affichaient un rendement à 4,69% vers 20H50 GMT, contre près de 4,71% lundi à la clôture.
Le pétrole proche des 90 dollars
Les prix du pétrole ont poursuivi leur hausse mardi, au lendemain d'une flambée de 5%.
Ils restent poussés par la perspective d'un blocage durable du détroit d'Ormuz alors que Washington et Téhéran formulent des exigences incompatibles pour mettre fin au conflit.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 1,36% à 88,91 dollars, après avoir dépassé la barre des 90 dollars plus tôt dans la séance.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a avancé de 1,30% à 83,20 dollars.
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.
Cette demande est une réponse à l'exigence iranienne de conditionner tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.
Téhéran juge aussi les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, ou encore lever leur blocus des ports iraniens.
"Dans l'état actuel des choses, on a l'impression que les deux parties ont encore du chemin à parcourir pour rétablir la situation dans le détroit d'Ormuz (...) à supposer que cela soit même possible", estime David Morrison, de Trade Nation.
Près d'un cinquième des hydrocarbures mondiaux transite en temps normal par ce goulet d'étranglement stratégique.
Le pétrole a toutefois montré des signes d'hésitation en séance alors "que le ministre pakistanais de la Défense a déclaré aux journalistes que les Etats-Unis et l'Iran étaient +proches d'un certain arrangement+", commente Neil Wilson, de Saxo UK.
"Le schéma se répète sans cesse: un enthousiasme initial lorsque les négociations semblent prometteuses, puis cet optimisme s'évapore tout aussi rapidement", quand aucun progrès n'est constaté, affirment les analystes d'ING.
A.Cantu--LGdM