Les Bourses mondiales suspendues au Moyen-Orient, records en Europe
Les principales Bourses mondiales restent prudentes jeudi, l'Europe marquant tout de même de nouveaux records, les investisseurs scrutant les avancées au Moyen-Orient pour un accord de paix.
A New York, vers 16H00 GMT, l'indice Nasdaq restait proche de l'équilibre (+0,05%), le Dow Jones perdait 0,61% au lendemain d'un record en clôture, et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,16%.
L'indice CAC 40 de Paris (à 8.742,53 points), le FTSE Mib de Milan (54.024,32 points) et l'Ibex à Madrid (20.326,70 points) ont encore battu jeudi des records en séance.
Les Bourses de Paris (+0,35%) et Milan (+0,44%) ont toutes deux inscrit de nouveaux records en clôture, et Francfort a grappillé 0,05%.
Les investisseurs ont été "encouragés par l'optimisme entourant les discussions entre les États-Unis et l'Iran et par la possible réouverture du détroit d'Ormuz, un développement qui réduirait le risque d'une perturbation prolongée des flux mondiaux d'énergie", commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
"Ce thème a largement soutenu le sentiment de marché cette semaine, favorisant les actions mondiales et l'appétit pour le risque", explique-t-il.
Seule la Bourse de Londres a perdu 0,19%, le FTSE 100 effaçant ses gains initiaux, "les investisseurs arbitrant entre l'optimisme suscité par le détroit d'Ormuz et une saison de résultats très chargée", note M. Munnelly.
Le pétrole Brent, référence mondiale du brut, continue de s'échanger autour de 80 dollars le baril, "le marché plaçant ses espoirs dans un accord entre les États-Unis et l'Iran", soulignent les analystes d'ING.
L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains et qui est au coeur des tensions avec les Etats-Unis.
Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.
Toutefois, "la prudence observée aujourd'hui sur le marché pétrolier montre que les investisseurs attendent une confirmation de la Maison Blanche quant à la véracité de ces annonces", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Vers 16H00 GMT, les cours repartaient même en petite hausse, le baril de Brent prenant 2,64% à 81,55 dollars et son équivalent américain, le WTI, remontant de 2,26% à 76,92 dollars le baril.
- Deutsche Telekom brille -
Au tableau des valeurs, du côté de Deutsche Telekom (+6,31% à Francfort), "les impulsions positives, sous la forme du programme de rachat d'actions prévu, ont prédominé", note Andreas Lipkow de CMC Markets.
Le géant des télécommunications a enregistré de bonnes performances au deuxième trimestre, grâce aux résultats de sa filiale américaine T-Mobile US, et a annoncé relever de 3 à 5 milliards d'euros son programme de rachat d'actions cette année, invoquant la faiblesse récente de son titre en Bourse.
- Le rachat de Warner par Paramount autorisé -
Le Royaume-Uni a donné jeudi son feu vert au rachat de Warner Bros Discovery (WBD) (+2,21% à New York) par Paramount Skydance (+3,03%), un méga-rachat à 110 milliards de dollars qui a suscité une levée de boucliers et pris une tournure judiciaire aux États-Unis.
Le gouvernement britannique et l'autorité de la concurrence du Royaume-Uni (la CMA) ont tous deux approuvé la transaction après avoir initialement exprimé des préoccupations sur la question du pluralisme des médias et celle de la concurrence.
- Apollo confirme son rachat d'EasyJet -
Le fonds américain Apollo a confirmé jeudi son offre de rachat à 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d'euros) sur EasyJet (+2,79% à Londres), une proposition acceptée par le conseil d'administration de la compagnie aérienne britannique, ont annoncé les deux entreprises dans un communiqué.
Cette annonce intervient peu après l'abandon de l'autre prétendant au rachat de la compagnie : le fonds d'investissement Castlelake, qui avait fait une offre plus faible, s'était retiré de la course un peu plus tôt jeudi.
S.Ramos--LGdM