Airbus retrouve de l'élan, la crise des moteurs Pratt & Whitney s'atténue
L'accélération des livraisons d'avions commerciaux a soutenu Airbus, qui a affiché une solide santé financière au premier semestre et s'est montré confiant pour la suite, estimant que les difficultés liées à la pénurie de moteurs de Pratt & Whitney n'étaient "plus un sujet en 2026".
Le géant européen a vu son bénéfice net bondir de 47% à 2,2 milliards d'euros au premier semestre.
Son chiffre d'affaires a progressé de 12% à 33,2 milliards d'euros dont 6,3 milliards dans le domaine de défense (+6%).
C'est principalement l'amélioration du rythme des livraisons d'avions commerciaux au deuxième trimestre par rapport au premier au cours duquel l'avionneur avait été pénalisé par la pénurie de moteurs de l'américain Pratt & Whitney, qui a permis à Airbus de redresser la barre.
"Nous continuons d’être engagés dans un différend concernant le nombre de moteurs qu’ils ont promis en 2025 de fournir pour 2026 et 2027, mais nous avons désormais stabilisé avec eux ce nombre de moteurs (...) Ce n’est plus un sujet pour 2026", a déclaré le directeur général d'Airbus, Guillaume Faury, au cours d'une conférence de presse téléphonique.
"Je pense, qu’au-delà de la fin de 2027, nous serons dans une situation bien plus normalisée avec Pratt & Whitney", a-t-il ajouté.
- "Confiance" -
Sur le seul deuxième trimestre, le bénéfice net a plus que doublé (+126%) à 1,7 milliard d'euros, et le chiffre d'affaires a progressé de 28% à 20,5 milliards par rapport à la même période de l'année dernière.
Le flux de trésorerie disponible a été positif à 1,3 milliard d'euros au deuxième trimestre mais négatif de 1,2 milliard d'euros sur l'ensemble du premier semestre.
L'avionneur avait annoncé le 8 juillet avoir livré 351 appareils au premier semestre, soit 15% de plus que l'année précédente. "Cela renforce notre confiance dans nos performances futures", a souligné Guillaume Faury.
Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté de près car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.
Airbus prévoit de porter cette année à 870 son record de livraisons annuelles, mieux qu'en 2019 où il l'avait établi avec 863 appareils.
Le groupe reste toutefois dépendant des capacités de livraison de ses motoristes. Les années précédentes, Airbus avait attribué ses objectifs de livraisons non atteints aux retards de CFM, la coentreprise de Safran et GE Aerospace, dont les moteurs Leap équipent environ 60% de ses A320neo.
Le mois de juin a été marqué par l'inauguration dans l'usine de Blagnac, à côté de Toulouse, d'une seconde chaîne d'assemblage pour l'A320, son avion monocouloir le mieux vendu.
Airbus qui emploie près de 170.000 personnes assemble, des avions sur huit autres chaînes dans le monde, en Allemagne, en Chine et aux États-Unis.
- 42.000 avions à livrer d'ici 2045 -
Airbus a estimé début juillet que le trafic aérien mondial de passagers allait plus que doubler dans les 20 années à venir.
Alors que 23.310 appareils de plus de 100 places étaient en service dans le monde en 2025, Airbus prévoit qu'ils seront 45.550 en 2045. Près de 20.000 avions devraient être remplacés, et plus de 22.000 s'ajouter à la flotte actuelle, soit quelque 42.000 avions à livrer au total.
Le marché est actuellement partagé entre deux constructeurs, qui en ont livré un peu moins de 1.400 en 2025: 793 pour Airbus, et 600 pour son rival américain Boeing.
Après des années de crises dues au problèmes de qualité de sa production, Boeing redresse la tête. Il a encore achevé le dernier trimestre dans le rouge mais il a réussi à améliorer son chiffre d'affaires (+8% sur un an à 24,56 milliards de dollars) et à dégager un flux positif de trésorerie de 631 millions de dollars.
Depuis le début de l'année, l'américain a remis à ses clients 314 avions, en progression de 12% sur un an.
Côté commandes, au salon aéronautique de Farnborough qui s'est achevé la semaine dernière au Royaume-Uni, Boeing s'est imposé face à Airbus, avec 173 commandes fermes et options exercées contre 154 pour le géant européen.
V.Vega--LGdM