La Gaceta De Mexico - Bienvenue aux investisseurs en Afrique, peu importe le passé, selon l'homme d'affaires Elumelu

Bienvenue aux investisseurs en Afrique, peu importe le passé, selon l'homme d'affaires Elumelu
Bienvenue aux investisseurs en Afrique, peu importe le passé, selon l'homme d'affaires Elumelu / Photo: © AFP

Bienvenue aux investisseurs en Afrique, peu importe le passé, selon l'homme d'affaires Elumelu

Les entrepreneurs d'Afrique ont besoin d'infrastructures et tous ceux qui sont prêts à investir, quel que soit le passé colonial, sont les bienvenus, a indiqué l'homme d'affaires et philantrope nigérian Tony Elumelu à l'AFP en marge du Sommet franco-africain tenu lundi et mardi à Nairobi.

Taille du texte:

"Ce dont on a besoin en Afrique au XXIe siècle (...) c'est que du capital privé arrive massivement", a expliqué dans un entretien à l'AFP le créateur de la Tony Elumelu Foundation, qui aide depuis 2010 de jeunes entrepreneurs africains à se lancer.

Ces derniers ont besoin "que l'accès à l'électricité s'améliore, que soit créé un système de transports de masse, que la sécurité soit assurée et que faire des affaires soit facilité", souligne-t-il.

"Ce sont ces choses importantes", alors "quiconque peut nous aider (...) est le bienvenu en Afrique", martèle Tony Elumelu, 63 ans, président de United Bank for Africa (UBA), basée à Lagos et qui opère dans une vingtaine de pays du continent.

Via sa société d'investissements Heirs Holdings et le groupe Transcorp qu'il préside, l'homme d'affaires, l'un des plus riches du Nigeria, a des intérêts dans de nombreux secteurs comme l'hôtellerie, l'immobilier, l'énergie, l'agrobusiness ou les services financiers.

Nommé par Emmanuel Macron au sein de l'Africa France Impact Coalition, que le président français a récemment mise sur pied pour favoriser le commerce entre les firmes françaises et africaines, M. Elumelu rejette notamment les critiques sur le passé colonial et néo-colonial de la France.

- "Envol" -

"Mon message aux Africains et à tout le monde au XXIe siècle, c'est que nous devons connaître l'Histoire, notre Histoire, mais, plus important, nous devons nous engager vers le futur", explique-t-il.

Assailli tel une star par de nombreux admirateurs lorsqu'il déambule dans allées du Sommet, Tony Elumelu estime que "nous (Africains) devrions, dans une large mesure, laisser le passé où il est. "Le président Macron n'était pas né il y a 100 ans" et "je crois qu'il est sincère" dans son engagement envers l'Afrique, dit-il.

"Si la France, les hommes d'affaires français du secteur privé et les dirigeants français nous aident à régler ce déficit (en infrastructures) sur le continent, ce sera un grand plus pour l'Afrique".

Cela favorisera le commerce intra-africain, plaide-t-il: "On ne peut pas commercer entre nous sans moyens de transport. On ne peut même pas produire ce qu'on a besoin d'échanger si on n'a pas d'électricité".

En Afrique, "cette mentalité de victime doit disparaitre. Nous devrions accueillir ceux qui veulent nous aider à développer l'Afrique", répète-t-il, alors que le continent est le théâtre de luttes d'influences étrangères.

Au delà de la France, que ce soit la Russie, la Chine, les pays du Moyen-Orient ou les Etats-Unis, "s'il veulent aider" à améliorer l'électricité et les transports, "accueillons-les", assure-t-il.

"Au XXIe siècle, l'état d'esprit doit changer" en Afrique. Il "doit accueillir la prospérité économique et le développement" qui "aidera à réduire la pauvreté en Afrique, créera des emplois pour les jeunes"

Les jeunes représentent 65% de la population africaine, rappelle l'homme d'affaires. "Ils ont besoin d'emplois (...) Ils ont besoin de prendre le train de l'Internet et de l'IA (...) il est donc important que nous fournissions ces améliorations, ces infrastructures nécessaires afin que nos jeunes puisse prendre leur envol".

A.Cantu--LGdM