Moyen-Orient: les marchés reprennent leur souffle avec une petite baisse du pétrole
Les prix du pétrole reculent légèrement et les Bourses tentent une reprise vendredi, après l'autorisation temporaire par Washington de la vente de pétrole russe stocké sur des navires pour enrayer la flambée des prix.
"Les marchés restent dominés par les tensions autour du détroit d'Ormuz et les variations des prix du pétrole", résument les analystes de Natixis.
Washington a annoncé jeudi l'autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires, un assouplissement permettant aux pays qui le souhaitent d'acheter du pétrole russe sans craindre des sanctions américaines.
Le ministre des Finances, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette nouvelle autorisation visait à "accroître la portée mondiale de l'offre existante".
La mesure a calmé la flambée du brut, repassé en dessous des 100 dollars. Vers 13H30 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 1,07% à 99,39 dollars le baril et le WTI, son équivalent américain, perdait 1,77% à 94,04 dollars le baril.
Les marchés restent cependant focalisés sur la quasi- fermeture du passage stratégique d'Ormuz, qui contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, grevant l'offre mondiale de 7,5%, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
- Les Bourses dans le vert -
Les Bourses vont de l'avant: vers 13H40 GMT, la Bourse de Paris prenait 0,24% et Londres 0,46%. La Bourse de Francfort gagnait 0,55% et Milan 0,79%.
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,87%, l'indice Nasdaq a cédé 0,42% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,59%.
"Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, on a de plus en plus le sentiment que les marchés actions restent trop calmes, et n'intègrent pas pleinement les risques géopolitiques et économiques liés au conflit", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Pour le seul mois de mars, les principaux indices européens ont perdu entre 5 et 7%, de nettes baisses certes mais sans commune mesure avec les fluctuations sur le marché de la dette souveraine ou la flambée des prix de l'énergie.
"Bien que la forte hausse des prix du pétrole et de l’énergie puisse être dommageable pour l'économie mondiale, il est encore trop tôt pour en mesurer les effets", estime Mme Brooks, rappelant que les marchés espèrent toujours que la flambée du brut sera temporaire.
"L'aversion au risque domine actuellement", souligne-t-elle cependant. "Les marchés actions oscillent au rythme des nouvelles".
- Les taux respirent -
Après leur forte hausse des derniers jours, en raison des anticipations d'inflation des investisseurs avec la flambée des prix du pétrole, les taux d'intérêt des dettes européennes souveraines reculent un peu.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans, référence européenne, atteignait 2,94% vers 13H30 GMT, contre 2,95% la veille en clôture, après avoir dépassé 2,98% en début de séance, son plus haut depuis fin 2023.
Son équivalent français a grimpé au-delà des 3,67%, son niveau le plus haut depuis 2011, avant de redescendre à 3,61% vendredi.
Dans ce contexte, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) sera particulièrement scrutée par les investisseurs jeudi prochain, tout comme celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) la veille.
Même aux Etats-Unis, où les taux ont moins grimpé car le pays est plus autonome sur le plan énergétique, "le choc géopolitique qui se propage depuis le Golfe a réécrit le scénario mondial en quelques jours", souligne Stephen Innes, gérant chez SPI AM.
"Il y a seulement quelques semaines, les marchés anticipaient tranquillement deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2026", explique-t-il. Désormais, les investisseurs "n'intègrent même plus forcément une seule baisse cette année".
A.Cantu--LGdM