La Bourse de Paris termine en recul avec la flambée des prix du pétrole
La Bourse de Paris a terminé dans le rouge lundi, plombée par une nouvelle hausse des prix du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient, même si l'espoir d'un recours aux réserves stratégiques du G7 a limité les pertes en fin de séance.
Le CAC 40 a perdu 78,13 points, soit 0,98%, à 7.915,36 points.
Vendredi, l'indice vedette parisien avait déjà reculé de 0,65% pour terminer à 7.993,49 points, passant sous le seuil des 8.000 points pour la première fois depuis novembre.
Comme l'ensemble des marchés mondiaux, la place parisienne a été bousculée toute une partie de la séance par la flambée des prix du pétrole, qui a dépassé les 100 dollars le baril et dont les références se sont envolées de près de 30% en début de matinée.
C'est la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), qui provoque ce bond du prix du pétrole depuis plus d'une semaine.
Cette flambée s'est toutefois modérée par la suite, "après des informations selon lesquelles les pays du G7" pourraient avoir "recours à leurs réserves stratégiques", explique Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Du coup les pertes des principales bourses européennes se sont réduites.
Les ministres des Finances du G7 se sont dits "prêts" lundi à puiser si besoin dans les réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'atténuer la flambée des prix du brut.
Une décision de cette nature pourrait engendrer la libération de 25 à 30% des stocks constitués sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), soit 300 à 400 millions de barils, selon des informations du Financial Times.
Mais "on y est pas encore", a déclaré à la presse le ministre français des Finances Roland Lescure, qui avait réuni ses collègues du G7 en visioconférence pour étudier la situation.
-Les taux grimpent, puis s'apaisent -
Avec la hausse des prix du pétrole, les investisseurs redoutent un regain d'inflation - particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures -, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.
La "crainte d'une +stagflation+", une situation très inconfortable pour une économie, combinant forte inflation et faible croissance, "grimpe", selon Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Dans ce contexte, les taux d'intérêt ont nettement bondi au cours de la séance en Europe, avant de revenir à une stabilité en fin de journéde, après les annonces du G7.
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans a ainsi finalement atteint 3,51%, au même niveau que la veille, après avoir grimpé à près de 3,60%. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
- TotalEnergies et la défense surnagent, l'industrie trinque -
Parmi les quelques valeurs en hausse au sein du CAC 40, figure TotalEnergies (+1,31% à 68,89 euros), qui profite de la hausse des prix du pétrole. Depuis le début du mois, le titre a gagné 2,39%.
Côté défense, Thales a pris 2,57% à 247,50 euros, tandis que Dassault Aviation a grimpé de 1,62% à 339,20 euros.
Les entreprises industrielles et consommatrices d'énergie ont en revanche reculé. L'aciériste ArcelorMittal a ainsi perdu 3,88% à 46,04 euros.
T.Hernandez--LGdM